HÉMOPHILIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'hémophilie est une affection hémorragique héréditaire due à la diminution ou à l'absence d'un facteur de coagulation dit facteur antihémophilique. L'existence de facteurs antihémophiliques A et B permet de distinguer deux formes différentes d'hémophilies : l'hémophilie A et l'hémophilie B, la première étant la plus fréquente. Bien que rare, cette affection pose de nombreux problèmes du fait de la gravité du syndrome hémorragique. Certes, aujourd'hui l'hémophilie met rarement la vie en danger, mais la localisation des hémorragies et, en particulier, les hémarthroses risquent trop souvent de transformer le malade en infirme et en inadapté social.

La description, autour des années 1970, de formes modérées de l'hémophilie a posé le problème des méthodes biologiques sensibles nécessaires pour permettre leur diagnostic. Dans le même temps, d'importants progrès thérapeutiques ont été réalisés par la préparation de fractions plasmatiques concentrées contenant l'un ou l'autre des facteurs antihémophiliques, ce qui permet de corriger le trouble de la coagulation par le biais d'un traitement substitutif. Malheureusement, cette thérapeutique transfusionnelle a été, dans plusieurs pays dont la France, à l'origine de la contamination, dans les années 1980, d'un grand nombre d'hémophiles par des virus, ceux des hépatites (B et C) et celui du déficit immunitaire humain (VIH).

Une utilisation plus précoce des produits chauffés aurait permis de limiter la contamination par le virus VIH. À la suite de ce drame, des progrès considérables ont été réalisés dans la purification et la réduction du risque viral des produits ; aujourd'hui, les produits sont de « très haute pureté » ou « ultrapurs », à risque viral nul vis-à-vis du virus VIH et des virus des hépatites B et C.

Histoire de l'hémophilie

L'hémophilie n'a été acceptée comme entité clinique qu'à partir du xixe siècle. Cependant, cette diathèse hémorragique congénitale et familiale était déjà connue depuis longtemps puisque, dès le iie siècle avant J. [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages




Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-XI, chef du service d'hématologie à l'hôpital Antoine-Béclère, directeur de l'unité 143 de l'I.N.S.E.R.M.
  • : docteur en médecine, docteur ès sciences, directeur adjoint du Centre de transfusion d'Angers

Classification


Autres références

«  HÉMOPHILIE  » est également traité dans :

HÉMORRAGIES

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre SOULIER
  • , Universalis
  •  • 4 292 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Déficit congénital de la coagulation »  : […] L' hémophilie représente le type des syndromes hémorragiques constitutionnels par défaut congénital d'un facteur de coagulation. Tare récessive liée au sexe, elle frappe les sujets masculins et se transmet par les femmes qui sont cliniquement indemnes. Biologiquement, on distingue deux types d'hémophilie : l'hémophilie A (85 p. 100 des cas), due […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hemorragies/#i_7526

TRANSFUSION SANGUINE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre SOULIER
  •  • 2 450 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les fractions plasmatiques »  : […] Le plasma est fractionné en vue d'isoler et de concentrer ses constituants les plus précieux pour la thérapeutique : albumine, fractions coagulantes, gammaglobulines. L' albumine possède les mêmes propriétés que le plasma total pour traiter les « états de choc », en particulier ceux des brûlés. Les solutions concentrées d'albumine permettent de re […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/transfusion-sanguine/#i_7526

Voir aussi

Pour citer l’article

Dominique MEYER, Édith FRESSINAUD, « HÉMOPHILIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hemophilie/