HÉLIOPOLIS

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Aux environs immédiats du Caire, vers le nord, Héliopolis, la ville du Soleil, dont le nom égyptien ancien était On (mentionné dans la Bible), n'est plus aujourd'hui qu'un grand souvenir. L'urbanisme a profondément modifié cette zone : une partie du site est occupée par des immeubles populaires, l'autre est soumise à une irrigation intensive. Dans cet entourage ingrat, il ne reste plus guère debout qu'un obélisque de Sésostris Ier.

Héliopolis ne joua sans doute pas un rôle politique décisif, encore que sa faveur ait été liée à la préférence qu'accordèrent certaines dynasties aux cultes solaires. Ce fut essentiellement un grand centre religieux où les théologiens élaborèrent les doctrines relatives à , le dieu Soleil, et à ses diverses formes : celle de la croissance, Horakhty, le dieu de l'Horizon matinal, ou celle de la maturité, Atoum, le démiurge.

Les fouilles ont mis au jour des sépultures d'époque préhistorique. Djoser, sous la IIIe dynastie, y dédia un sanctuaire à Rê ; le culte solaire connut son apogée avec les pharaons constructeurs des grandes pyramides de la IVe et de la Ve dynastie. À en croire le papyrus Westcar, les trois premiers rois de la Ve dynastie auraient été les fils du dieu Soleil lui-même et de la femme du grand prêtre d'Héliopolis. On vient de découvrir près de l'obélisque d'importants vestiges de monuments en quartzite, au nom de Téti, datant de la VIe dynastie. Le temple subit des remaniements au début du Moyen Empire ; l'un des deux obélisques érigés par Sésostris Ier se dresse encore, monolithe de 20,50 m de hauteur. Au Nouvel Empire, le dieu dynastique Amon de Thèbes prit la forme syncrétique d'Amon-Rê ; de l'époque amarnienne, il ne reste rien que quelques tombes et quelques blocs du grand temple d'Aton, récemment retrouvés ; sous les Ramsès, le prestige du culte solaire fut encore accru ; le temple d'Héliopolis possédait d'immenses domaines ; les dons de Ramsès III sont consignés dans le papyrus Harris (British Museum, Londres). À la basse époque se développa le culte de l'animal sacré d'Héliopolis, le taureau Mnévis. Quand, au ~ ve siècle, les Grecs vinrent s'initier à la science égyptienne, Héliopolis connut une grande ferveur ; Platon et Eudoxe y séjournèrent. Mais lorsque Strabon visita le site, un peu avant l'ère chrétienne, ce n'était déjà plus qu'un ensemble de ruines d'où les souverains ptolémaïques et romains se plurent à extraire des monuments pour leurs capitales d'Alexandrie et de Rome.

—  Jean LECLANT

Écrit par :

  • : secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

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Pour citer l’article

Jean LECLANT, « HÉLIOPOLIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/heliopolis/