MONROE HARRIET (1860-1936)

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Poétesse américaine, née le 23 décembre 1860 à Chicago (Illinois), morte le 26 septembre 1936 à Arequipa (Pérou).

Harriet Monroe se plonge très tôt dans les recueils de poésie qu'elle trouve dans la bibliothèque de son père, qui est avocat. C'est une enfant solitaire – comme elle le confiera plus tard, dans une autobiographie posthume, A Poet's Life : Seventy Years in a Changing World (1938) – à qui les livres de son père tiennent compagnie. Scolarisée dans un séminaire de Chicago (Dearborn Seminary), elle poursuit ses études au couvent de la Visitation à Washington, dont elle sort diplômée en 1879. Au cours de la décennie suivante, de grands noms de la littérature, tel Robert Louis Stevenson, avec lequel elle correspond régulièrement, l'encouragent dans sa volonté de devenir dramaturge et poète.

En 1888, le sonnet d'Harriet Monroe intitulé With Shelley's Poems est publié par le Century magazine. En 1889, sa cantate en l'honneur de l'histoire de la ville de Chicago est interprétée lors de l'inauguration de l'Auditorium Building, lequel a été conçu par Louis Sullivan, pionnier de l'architecture moderne. En 1893, son ode intitulée Columbian Ode est lue lors de l'inauguration de l'Exposition universelle de Chicago. Désormais reconnue pour son talent, Harriet Monroe continue de publier ses poèmes dans des magazines nationaux, tout en travaillant comme critique d'art et de théâtre pour des journaux de Chicago. Parmi ses œuvres suivantes figurent notamment John Wellborn Root, Architect (1896), biographie de son beau-frère défunt, After All (1900), recueil de poèmes, The Passing Show : Five Modern Plays in Verse (1903) et The Dance of the Seasons (1911).

Harriet Monroe serait probablement restée une poétesse parmi tant d'autres si elle n'avait eu la ferme volonté de donner la parole aux poètes contemporains. Elle atteint cet objectif en sollicitant l'aide de mécènes fortunés de Chicago et en proposant à un large éventail de poètes de publier leurs œuvres. La revue Poetry : A Magazine of Verse est ainsi lancée en octobre 1912. De jeunes poètes débutants écrivent pour le magazine qui devient rapidement la principale publication consacrée à la poésie moderne du monde anglophone. Poetry voyant le jour à l'époque de foisonnement intellectuel de la région du Middle West que l'on a plus tard qualifiée de « renaissance de Chicago », on l'associe avant tout à la poésie brute, originale et typique de la région de Carl Sandburg, Edgar Lee Masters, Vachel Lindsay et Sherwood Anderson, pourtant les nouveaux courants stylistiques de la poésie y sont également représentés. Le poète et critique Ezra Pound joue le rôle de correspondant à l'étranger de la revue. The Love Song of J. Alfred Prufrock (1915, La Chanson d'amour de J. Alfred Prufrock), écrit par un poète alors inconnu, un certain T. S. Eliot, paraît en 1915 dans Poetry (avant d'être publiée en 1917 dans le recueil Prufrock and Other Observations), de même que les poèmes expérimentaux de Wallace Stevens, Marianne Moore, D. H. Lawrence et William Carlos Williams.

Si le magazine, dirigé avec succès par Monroe pendant vingt-quatre ans, donne largement la parole aux poètes appartenant au courant imagiste, il ne se limite à aucune école en particulier. La passion de sa fondatrice pour la découverte et l'innovation reste au cœur de ses choix éditoriaux ; imagisme, impressionnisme et vers libre trouvent leur place dans les pages de la revue. Cette dernière survit au déclin du mouvement de la renaissance de Chicago, ainsi qu'aux deux guerres mondiales et à la grande dépression, en demeurant une revue influente dans le monde de la poésie. Pendant cette période, Harriet Monroe publie elle-même deux recueils de poèmes, You and I (1914) et The Difference and Other Poems (1924). Poets and Their Art (1926) contient des essais et quelques-uns de ses éditoriaux. En 1935, Monroe publie un recueil intitulé Chosen Poems. En 1917, elle participe à l'élaboration d'un ouvrage qui fera autorité dans le domaine de la poésie du xxe siècle : The New Poetry : An Anthology of Twentieth-Century Verse in English (réédité en 1923 et en 1932).

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ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La littérature

  • Écrit par 
  • Marc CHÉNETIER, 
  • Rachel ERTEL, 
  • Yves-Charles GRANDJEAT, 
  • Jean-Pierre MARTIN, 
  • Pierre-Yves PÉTILLON, 
  • Bernard POLI, 
  • Claudine RAYNAUD, 
  • Jacques ROUBAUD
  •  • 40 208 mots
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Dans le chapitre « Harriet Monroe et la renaissance de Chicago »  : […] En 1893 avait eu lieu à Chicago une Exposition universelle ; les architectes et les industriels américains donnèrent à cet événement un lustre particulier éclairant les profondes mutations économiques et sociales de la période. Une poétesse locale de faible renom y avait lu, pour l'inauguration, sa « Columbian Ode » dans l'espoir de provoquer dans le Middle West, ignoré superbement par les institu […] Lire la suite

Pour citer l’article

« MONROE HARRIET - (1860-1936) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/harriet-monroe/