STEVENS WALLACE (1879-1955)

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Homme d'affaires américain et poète, Stevens écrit pour lui seul l'« épopée du doute », s'efforçant de se situer puis de se découvrir « dans la difficulté d'être ce qu'être signifie ». Discours narcissique, cette œuvre poétique dit la déchirure dont souffre un univers chaotique, un monde divisé entre l'agonie romantique et ses aspirations à un ordre harmonieux, entre le refus et l'adhésion. Selon un double mouvement, centrifuge et centripète, Stevens explore le réel, il en perçoit la pauvreté et la grandeur, la tristesse morne et l'exaltante beauté ; mû par un désir qui est aussi désespoir, il a sans cesse oscillé entre les séductions de la réalité et l'attrait de l'imaginaire. Par le poème, Stevens refait le monde, invente une cosmogonie qui englobe à la fois les données de la perception et le surgissement de l'imaginaire. C'est dans cette symbiose que résident le pouvoir et le charme de cette œuvre majeure : l'ironie traduit le scepticisme d'un esprit lucide en même temps que la méditation ex-centrique témoigne d'une sensibilité baroque faite de tension, de mélancolie, de sensualité.

L'ex-centricité de Stevens

Né à Reading (Pennsylvanie), Wallace Stevens fait des études de droit à New York. En 1916, il commence à travailler pour une compagnie d'assurances de Hartford (Connecticut), dont il devient vice-président en 1934. Toute sa vie se passe à Hartford, entre son bureau et sa maison : existence austère en apparence, mais les voyages imaginaires, les plaisirs de la table, le goût des arts, l'amour de la poésie et de la peinture allaient fournir une nourriture de choix à ce gourmet et à ce connaisseur. Stevens possédait une riche collection de tableaux ; au reste, toute son esthétique repose sur cette conviction que poètes et peintres affrontent les mêmes problèmes. Par ailleurs, Stevens est très bien informé de l'évolution de la poésie française, il a lu Mallarmé, Verlaine, Laforgue, Baudelaire, Valéry, mais il s'est toujours défendu d'avoir subi leur influence. Avec Stevens, nous sommes au cœur du débat qui concerne tout le [...]

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À L'INSTANT DE QUITTER LA PIÈCE (W. Stevens)

  • Écrit par 
  • Marie-Christine LEMARDELEY
  •  • 969 mots

Connu pour sa double vie de poète et de vice-président d'une compagnie d'assurance de Hartford dans le Connecticut, Wallace Stevens (1879-1955), dont les Collected Poems furent couronnés par le prix Pulitzer en 1955, est précédé d'une réputation quelque peu écrasante de poète abstrait et difficile. Le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/a-l-instant-de-quitter-la-piece/#i_2752

Pour citer l’article

Laurette VÊZA, « STEVENS WALLACE - (1879-1955) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/wallace-stevens/