GUINÉE ÉQUATORIALE

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique de Guinée équatoriale (GQ)
Chef de l'ÉtatTeodoro Obiang Nguema Mbasogo (depuis le 3 août 1979, élu le 12 octobre 1982)
Chef du gouvernementFrancisco Pascual Obama Asue (depuis le 23 juin 2016)
CapitaleMalabo
Langues officiellesespagnol, français
Unité monétairefranc CFA
Population1 506 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)28 051

Une économie traditionnelle transformée par la découverte d'hydrocarbures

Au temps des Espagnols, la Guinée était l'un des pays les plus prospères d'Afrique, car tout y était mis en œuvre pour permettre aux investisseurs métropolitains d'obtenir un rendement élevé et à la population, l'insulaire tout au moins, de recueillir les miettes d'un développement indéniable à partir du début des années 1950.

La Guinée espagnole était le fleuron de la colonisation ibérique grâce, avant tout, à une politique de subvention des prix d'achat du café et surtout du cacao dont l'Espagne est grosse consommatrice. Cette économie reposait sur un triptyque : cacao, café, bois, les autres cultures tropicales (oléagineux, bananes) étant accessoires. Le cacao constituait la raison d'être de Bioko, qui disposait de plus de 41 000 hectares (un millier de plantations) cultivés, non pas par une paysannerie locale, mais par un prolétariat allogène (Nigérians) pouvant atteindre 30 000 personnes sous contrat. Bien que les Africains locaux, les Bubi et les Fernandinos, aient conservé la propriété d'environ 800 plantations, ils louaient la plupart de leurs terres à des planteurs européens et profitaient au maximum des prix préférentiels consentis par la métropole. Modernes, relativement bien gérées, les plantations produisaient un des meilleurs cacaos du monde

La cassure politique de mars 1969 (rapatriement d'une grande partie des Européens), l'irrationalité de la gestion du pays, l'absence d'entretien, le manque de devises et surtout le départ quasi total des travailleurs nigérians maltraités et non payés par les Équato-Guinéens aboutirent à faire chuter la production à moins de 8 000 tonnes dans les dernières années de la dictature du président Macías. Ce dernier avait introduit sur les plantations d'État (celles qui étaient abandonnées par les Européens) le travail forcé de 20 000 de ses compatriotes du Río Muni pour remplacer les Nigérians disparus, mais l'utilisation de ces « esclaves du cacao », outre les drames humains qu'elle impliquait, était un effroyable gâchis économique. Depuis le début du xxie siècle, la production de cacao oscille entre 3 et 4 000 tonnes annuelles.

Le café était cultivé au Río Muni, le long de la frontière camerounaise. Son exploitation, après avoir quasi disparu, a repris dans de modestes proportions. À l'époque de la colonisation espagnole, la sylviculture, dédiée à l'exportation, était un secteur crucial pour l'économie : la forêt recouvre 62,5 p. 100 du pays. Le potentiel de l'île de Bioko étant aujourd'hui protégé, la production se concentre dans le Rio Muni, qui partage avec le Gabon le monopole de l'okoumé. Les exportations des grandes sociétés concessionnaires atteignaient environ 350 000 tonnes avant l'indépendance, puis cessèrent pratiquement à la fin de l'ère Macías. Cette activité a, depuis lors, retrouvé la voie de la croissance, même si elle ne représente plus que 2 p. 100 du volume des exportations (le chiffre était supérieur à 50 p. 100 avant le boom pétrolier). Un pic de production (à 90 p. 100 exportée) a été atteint en 1999 avec près de 800 000 m3, avant de se stabiliser autour de 530 000 m3 en 2002. D'immenses concessions ont été attribuées à des intérêts français et italiens depuis le coup d'État de 1979. Un autre secteur prometteur, la pêche, fut systématiquement détruit par Macías qui ruina cette activité artisanale en interdisant l'usage des pirogues (afin d'empêcher les fuites de réfugiés) et en confiant à l'U.R.S.S. le monopole de la pêche industrielle. En quelques années, la flotte soviétique opéra un véritable pillage des eaux territoriales sans aucun profit pour la population locale. Au début du xxie siècle, la pêche équato-guinéenne est toujours dans une situation difficile.

Dans les années 1990, la production d'hydrocarbures a profondément transformé l'économie de la Guinée équatoriale, jusqu'à représenter 97 p. 100 des exportations en 2005. Au début des années 2000, le P.I.B., dont l'industrie pétrolière constitue par ailleurs 90 p. 100, a connu une croissance exceptionnelle à deux chiffres. Le taux de croissance a pu ainsi atteindre 15,4 p. 100 en 2005. La Guinée équatoriale est devenue le troisième producteur de pétrole de l'Afriqu [...]

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Pour citer l’article

René PELISSIER, « GUINÉE ÉQUATORIALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/guinee-equatoriale/