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GUINÉE ÉQUATORIALE

Nom officiel

République de Guinée équatoriale (GQ)

    Chef de l'État

    Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (depuis le 3 août 1979, élu le 12 octobre 1982)

      Chef du gouvernement

      Manuela Roka Botey (depuis le 1er février 2023)

        Capitale

        Malabo

          Langues officielles

          Espagnol, français

            Unité monétaire

            Franc CFA

              Population (estim.) 1 613 000 (2023)
                Superficie 28 052 km²

                  Une indépendance cauchemardesque

                  Entre alors en scène le « grand messie... leader d'acier... grand inquisiteur du colonialisme... le seul miracle que la Guinée équatoriale ait produit », alias Francisco Macías Nguema. Jusqu'à l'indépendance, la présidence du Conseil à Madrid et singulièrement l'amiral Carrero Blanco manipulaient et achetaient tous ceux qui en Guinée passaient pour des leaders. Cette perpétuation de la tutelle de Madrid dans cette couveuse politique irritait nombre de Fang du Río Muni qui, aux élections de 1968, donnèrent leurs voix au plus extrémiste des leurs, un fonctionnaire falot vouant aux Espagnols une haine inexpiable, fondée sur un complexe d'infériorité vis-à-vis de tout ce qui pouvait passer pour de l'intellectualisme.

                  Macías Nguema hérite d'une situation économique et socioculturelle où le ton est donné par les intérêts espagnols et où les Fang s'estiment brimés par une Constitution accordant de trop larges pouvoirs à l'île-jardin de Fernando Póo. Ils sont majoritaires mais se sentent étrangers dans ce costume trop étriqué. Pour le retailler à leur goût, ils peuvent compter sur leur nouveau président que le pouvoir grise au point qu'il commence, en bon élève des méthodes franquistes, par faire emprisonner une partie de ses adversaires politiques. Puis intervient en février-mars 1969 une tentative de coup d'État montée par le ministre des Affaires étrangères, Atanasio Ndong, leader nationaliste d'une autre envergure que Macías Nguema, mais jugé trop pro-espagnol. L'affaire avorte. Elle entraîne le départ massif des Espagnols, ce qui décapite l'économie et l'essentiel des services. Le président en profite pour faire exécuter ses principaux opposants, réels ou imaginaires. Paranoïaque, il vit dans la menace du complot permanent. Pour remplacer les Espagnols, il fait appel à des techniciens de pays socialistes (Cuba, Chine, U.R.S.S., Corée du Nord, etc.). En 1970, tous les partis sont regroupés en un seul, obligatoire. En 1973, une nouvelle Constitution abolit l'autonomie de Fernando Póo, que le dictateur a fait rebaptiser à son nom. Les massacres d'hommes politiques s'étendent aux rares intellectuels et fonctionnaires non encore en exil. Ne subsistent plus, à l'état opérationnel, que la Guardia nacional (fang) et un corps paramilitaire de tueurs commandés par des officiers du clan du président. Des villages entiers du Río Muni sont rasés et leurs habitants massacrés. Sous l'emprise de drogues et de sorciers, Macías Nguema, bourreau de son peuple et victime de son psychisme déréglé, finit par interdire le culte catholique (1978) et commence même à s'en prendre à ses proches. Cette erreur lui sera fatale. Pour préserver son existence, sa famille, qui détient l'essentiel des postes de commandement, organise un putsch le 3 août 1979 avec à sa tête un de ses neveux, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, commandant de la Guardia nacional. Macías Nguema, abandonné de tous, est renversé, jugé, puis finalement exécuté pour génocide, le 29 septembre 1979.

                  Depuis lors, le colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a quelque peu adouci les méthodes de son oncle ; il a proclamé une amnistie pour les exilés, mais il ne s'est pas débarrassé des tares de l'ancien régime : violations délibérées des droits de l'homme (tortures, procès truqués), autocratisme, tribalisme et népotisme forcenés en faveur du clan Esangui, corruption endémique, léthargie, incompétence et irresponsabilité. En août 1982, le colonel a été reconduit pour sept ans dans ses fonctions de chef de l'État par le Conseil militaire, et une nouvelle Constitution, prévoyant de rétablir le pouvoir civil (après une période de reconstruction de sept ans), a été approuvée. Le colonel (devenu général) a tout fait pour se maintenir au pouvoir (parti unique obligatoire, confusion[...]

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                  • : docteur d'État ès lettres
                  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

                  . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

                  Médias

                  Guinée équatoriale : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Guinée équatoriale : carte physique

                  Guinée équatoriale : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Guinée équatoriale : drapeau

                  Autres références

                  • MACÍAS NGUEMA FRANCISCO (1924-1979)

                    • Écrit par René PELISSIER
                    • 834 mots

                    « L'unique miracle que la Guinée équatoriale ait produit », selon les propres termes du dictateur qui avait donné cette modeste définition de sa personne, a terminé sa macabre carrière sous les balles d'un peloton d'exécution, le 29 septembre 1979, après avoir été renversé par son neveu, bras...

                  • MALABO

                    • Écrit par Universalis
                    • 274 mots
                    • 1 média

                    Capitale de la Guinée équatoriale, Malabo se situe sur la côte nord de l'île de Bioko (anc. Fernando Póo) au bord d'un volcan submergé.

                    Fondé dans les années 1820 par des missionnaires protestants, Port Clarence servit de base aux Britanniques dans leur lutte contre la traite des Noirs....

                  Voir aussi