GHAZNĪ, RHAZNĪ ou GHAZNA

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La domination des Ghūrides

Cependant, cette époque florissante ne devait pas durer. Les Turcs Saldjūḳides s'emparèrent de Bagdad et soumirent toute la Perse, étendant leur empire de l'Oxus (Amudaria) à la Méditerranée. Rejetés en Afghānistān et en Inde, les Ghaznévides se virent dépossédés par le clan afghan des Ghūrides. Un prince vassal des Ghaznévides, gouverneur de la principauté de Ghūr, fonda en effet une famille qui devait chasser les Ghaznévides de Ghaznī, les refoulant à Lahore où ils ne tardèrent pas à s'éteindre. Cette nouvelle lignée fut illustrée par Muḥammad de Ghūr, qui s'établit à Ghaznī et tourna délibérément son activité conquérante vers l'Inde, où il sema la terreur, cependant que son frère et co-régent, sultan de Ghūr de 1153 à 1203, protégeait les arts et assurait l'ordre dans leurs possessions communes. C'est ce dernier qui fit élever l'admirable minaret de Djām, haut de 60 m, qui est peut-être le seul vestige de la capitale des Ghūrides, Fīrūzkūh. En 1200, il fit aussi entreprendre la construction de la grande mosquée de Herāt.

De ce curieux double règne datent de beaux bronzes gravés et travaillés au repoussé, ornés d'inscriptions en écriture coufique (récipients divers, parfois de taille colossale, lampes, aiguières, etc.), ainsi qu'une céramique à reflets métalliques se rattachant aux céramiques lustrées qui étaient exécutées dès le ixe siècle en Égypte et en Mésopotamie et qui ont constitué un magnifique ensemble de pièces à Rayy et à Kashān au xiiie siècle. Les couleurs à base métallique sont apposées sur la couverte, le style des sujets, figuratif, se rapproche beaucoup de l'art turc des Saldjūḳides.

La grandeur des Ghūrides, qui avait prolongé celle des Ghaznévides, fut réduite à néant par l'invasion des hordes mongoles de Gengis khān. En 1221, Ghaznī fut dévastée de fond en comble comme tant d'autres cités et royaumes. Elle ne s'en releva jamais, bien que les Tīmūrides, au xve siècle, et un peu plus tard les empereurs mo [...]

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Écrit par :

  • : conservateur en chef du département des Arts asiatiques des Musées nationaux (musée Guimet), professeur à l'École du Louvre

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Pour citer l’article

Jeannine AUBOYER, « GHAZNĪ, RHAZNĪ ou GHAZNA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ghazni-rhazni-ghazna/