DAVID GÉRARD (entre 1450 et 1460-1523)

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L'un des principaux peintres de Bruges après Memling (mort en 1494), Gérard David est pour tout dire le dernier grand primitif flamand. Reçu franc maître dans la gilde des peintres de Bruges dès 1484, il reste, à l'égal d'un Memling, étroitement lié au renom et à l'histoire de cette ville, au point que sa peinture, sédative et si gravement mûrie, nous paraît typique d'un certain goût brugeois pour la tradition calme et recueillie face aux audaces plus modernistes d'Anvers ou de Bruxelles. Très vite, il occupe une place de premier plan à Bruges, recevant diverses commandes des autorités communales en 1488, en 1495 et en 1498, dont le fameux Jugement de Cambyse (1498), peint pour la salle d'audiences de l'hôtel de ville et encore conservé de nos jours (il a été transféré au musée de Bruges en 1828) ; il remplit la fonction de vinder dans la gilde en 1487-1488, en 1494-1495, en 1498-1499, et devient même doyen en 1501-1502 ; il a épousé la fille du doyen de la gilde des orfèvres en 1496, Cornelia Cnoop. Rien de notable ne semble interrompre sa vie brugeoise, mis à part, en 1515, une curieuse mention dans la gilde d'Anvers comme maître, dont on ne sait ni les causes, ni la durée. L'hypothèse parfois avancée d'un voyage en Italie (à Gênes, vers 1511-1512) ne repose sur aucun argument solide et, de fait, David semble être resté un Brugeois fidèle à sa ville, d'une renommée toute locale et qui, par là même, tomba rapidement dans l'oubli (Van Mander en parle à peine et encore par la voix de Pieter Pourbus).

L'œuvre peint de David, bien reconstitué depuis une soixantaine d'années, a été divisé par les spécialistes en trois périodes. La première rassemble les œuvres qui peuvent stylistiquement se placer avant le Jugement de Cambyse et qui correspondent à une phase de recherches, où visiblement s'affirme une influence néerlandaise et singulièrement haarlémoise : le goût du paysage (si net dans le triptyque de la Vierge aux anges musiciens du Louvre avec un arrière-plan continu d'un volet à l'autre, ce qui est exceptionnel chez les primitifs flamands), les petites figures [...]

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Écrit par :

  • : conservateur des Musées nationaux, service d'études et de documentation, département des Peintures, musée du Louvre

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Jacques FOUCART, « DAVID GÉRARD (entre 1450 et 1460-1523) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gerard-david/