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PABST GEORG WILHELM (1885-1967)

Espoir

Dix-sept ans se sont écoulés depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Allemands et Français, malgré la politique de rapprochement, se haïssent encore. Est-ce dans un autre homme qu'il faut chercher l'adversaire ? « Nous n'avons que deux ennemis, le grisou et la guerre », déclare Pabst dans La Tragédie de la mine.

Quatre de l'infanterie (Westfront 1918, 1930), violent pamphlet antimilitariste, décrit par tableaux successifs la confrontation de quatre fantassins allemands avec la tourmente. Chacun mène son expérience individuelle, mais, face à la réalité d'un cataclysme inhumain, trouve dans l'amitié une raison de croire en l'homme. La mort confère aux quatre jeunes gens un destin commun, alors qu'un des héros meurt en étreignant la main d'un ennemi agonisant.

Pabst veut édifier : « Mon rôle est de lutter à l'intérieur des pays capitalistes en réalisant des films susceptibles d'éclairer les masses de ces pays » (cité par L. Moussinac, 1933). La Tragédie de la mine (Kameradschaft, 1931), au travers du récit symbolique d'un accident minier à la frontière franco-allemande, exalte la solidarité ouvrière et humaine par-dessus les frontières et les anciens antagonismes.

Ces deux œuvres à thèse, Pabst les conduit dans un style esthétisant. Fidèle aux éclairages expressionnistes et à leurs clairs-obscurs, il se sert par contre du son et du décor en glissant vers un certain réalisme. Il abuse du dialogue et ne dirige pas tous les acteurs avec le même bonheur, mais il se reprend dans les scènes d'ensemble, champ de bataille ou carreau de mine, qu'il traite avec rigueur.

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Pour citer cet article

Victor BACHY. PABST GEORG WILHELM (1885-1967) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Louise Brooks - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Louise Brooks

Don Quichotte, G. W. Pabst - crédits : Roger Forster/ Hulton Archives/ Getty Images

Don Quichotte, G. W. Pabst

Autres références

  • LOULOU, film de Georg Wilhelm Pabst

    • Écrit par Laurent JULLIER
    • 884 mots

    Loulou (Die Büchse der Pandora) passe dans l'histoire « classique » des styles cinématographiques pour illustrer le courant allemand de la Nouvelle Objectivité (« Neue Sächlichkeit »). Venu du théâtre, son réalisateur G. W. Pabst se caractérise par une conception « engagée » de son art, liant autant...

  • ALLEMAND CINÉMA

    • Écrit par Pierre GRAS, Daniel SAUVAGET
    • 10 274 mots
    • 7 médias
    ...ou film de la rue : La Tragédie de la rue (Dirnentragödie, 1927) de Bruno Rahn, La Rue (Die Strasse, 1928) de Karl Grune, Asphalt (1929) de Joe May. Georg-Wilhelm Pabst, lui aussi, a su assimiler l'influence du Kammerspiel, bien qu'écartelé entre l'expressionnisme métaphysique du ...
  • BROOKS LOUISE (1906-1985)

    • Écrit par Daniel SAUVAGET
    • 1 342 mots
    • 1 média

    Louise Brooks, grande figure mythique du cinéma à l'égal de Greta Garbo ou de Marlene Dietrich, n'a acquis ce statut, paradoxalement, qu'une trentaine d'années après avoir séduit les couvertures de magazines, et par la grâce d'un seul film. Son Pygmalion fut le cinéaste austro-allemand G. W....

  • CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

    • Écrit par Marc CERISUELO, Jean COLLET, Claude-Jean PHILIPPE
    • 21 694 mots
    • 41 médias
    En 1930, en Allemagne, sortent L'Ange bleu, Quatre de l'infanterie (Westfront 18), réalisé par G. W. Pabst avant L'Opéra de quat' sous. Mais déjà les bandes hitlériennes parcourent les villes. Le nouveau réalisme du cinéma allemand, qui succède aux formes hallucinées de l'...
  • WEILL KURT - (repères chronologiques)

    • Écrit par Juliette GARRIGUES
    • 1 307 mots

    2 mars 1900 Kurt Julian Weill naît à Dessau, en Allemagne ; il est le troisième des quatre enfants d'Emma Ackermann et d'Albert Weill, cantor à la synagogue locale.

    1915-1918 Kurt Weill prend des leçons privées de piano, d'harmonie, de composition et d'orchestration auprès d'Albert...

Voir aussi