ARMÉNIENS GÉNOCIDE DES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le mode opératoire

La volonté génocidaire a été portée par le Comité central jeune-turc, mais l'exécution de l'extermination confiée à un groupe paramilitaire, l'Organisation spéciale (Techkilât-i Mahsusa), dirigée par un bureau politique comprenant quatre des neuf membres du Comité central – Ahmed Nâzim, Bahaeddin Chakir, Atif bey et Yusuf Riza bey –, et Aziz bey, directeur du département des enquêtes criminelles. Le quartier général de l'Organisation spéciale était basé au siège du C.U.P., rue Nur el-Osmaniye, à Istanbul. Les procès intentés contre les criminels jeunes-turcs en 1919 ont clairement démontré le lien organique existant entre le parti et l'O.S. Tous les télégrammes et documents adressés aux réseaux des provinces, et présentés au cours du procès des Unionistes, sont signés par ces cadres du siège. Ils montrent que les chefs en poste à Nur el-Osmaniye faisaient office de planificateurs et de coordinateurs des actions menées sur le terrain, tandis que le président du Bureau politique de l'O.S., Bahaeddin Chakir, ainsi que Rüsûhi et Yusuf Riza bey dirigeaient les opérations sur le terrain. L'Organisation avait également son correspondant au sein du ministère de la Guerre, Kuchçubachizâde Echref [Sencer], qui assurait la formation et l'équipement des forces paramilitaires de l'O.S., ainsi que le financement des opérations. Ses cadres étaient recrutés parmi les officiers proches du parti et ses membres à partir de deux sources : des criminels de droit commun, libérés sur instruction du ministère de la Justice, et des membres de tribus tcherkesses ou kurdes. Les escadrons ainsi formés étaient établis à demeure sur des sites fixes où ils opéraient contre les convois de déportés. Le suivi politique des déportations et des massacres était assuré par le siège commun du C.U.P. et de l'O.S., qui utilisaient des cartes ethnographiques spécialement conçues pour assurer l'homogénéisation démographique de l'Asie Mineure.

Dans le net partage des tâches observé, les services de l'administration assuraient les phases préparatoires [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages





Écrit par :

  • : docteur et HPR en histoire, directeur de la bibliothèque Nubar, professeur associé à l'institut français de géopolitique de l'université Paris VIII

Classification


Autres références

«  ARMÉNIENS GÉNOCIDE DES  » est également traité dans :

ARMÉNIE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre ALEM, 
  • Françoise ARDILLIER-CARRAS, 
  • Christophe CHICLET, 
  • Sirarpie DER NERSESSIAN, 
  • Kegham FENERDJIAN, 
  • Marguerite LEUWERS-HALADJIAN, 
  • Kegham TOROSSIAN
  •  • 23 738 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Le génocide »  : […] Laissant une forte autonomie à ses minorités, l'Empire ottoman se raidit de plus en plus au fur et à mesure de son déclin politique et économique. Désormais, les réformes appliquées aux minorités chrétiennes seront le fruit de la pression des grandes puissances. Cet état de fait étant vécu comme une humiliation par les musulmans de l'Empire, les minorités vont être en butte à nombre d'exactions, […] Lire la suite

FRANCE - L'année politique 2011

  • Écrit par 
  • Nicolas TENZER
  •  • 4 620 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « La France, la crise européenne et l'ordre mondial »  : […] L'année 2011 a été dominée, en termes de politique étrangère, par l'intervention alliée en Libye et l'engagement de la France dans les tentatives de résolution de la crise de l'euro. Décidée par le président de la République, l'opération en Libye aux côtés des Britanniques, voté le 17 mars par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'O.N.U., avec un appui des forces de l'O.T.A.N., devait ab […] Lire la suite

LEWIS BERNARD (1916-2018)

  • Écrit par 
  • Pascal BURESI
  •  • 1 268 mots

Historien américain du monde musulman et du Proche-Orient, Bernard Lewis était un intellectuel controversé. Né à Londres le 31 mai 1916 dans une famille juive britannique, Bernard Lewis se découvre une passion pour les langues du Proche-Orient au moment où il est confronté à l’hébreu biblique pour sa bar mitzvah . Il commence alors à apprendre l’arabe, le persan, le turc ottoman et le turc moderne […] Lire la suite

OTTOMAN EMPIRE

  • Écrit par 
  • François GEORGEON, 
  • Robert MANTRAN
  •  • 9 911 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « L’Empire des Jeunes-Turcs (1908-1918)  »  : […] L’autoritarisme du sultan suscite un mécontentement grandissant. Apparu parmi les étudiants des grandes écoles d’Istanbul, une opposition se développe dans les années 1890, notamment parmi les exilés politiques de Paris. Marqués par le positivisme, ces Jeunes-Turcs, dont la principale organisation est le comité Union et Progrès (C.U.P.), veulent le rétablissement de la Constitution de 1876 pour s […] Lire la suite

TURQUIE

  • Écrit par 
  • Michel BOZDÉMIR, 
  • Ali KAZANCIGIL, 
  • Robert MANTRAN, 
  • Jean-François PÉROUSE
  •  • 41 631 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Difficiles négociations d'adhésion  »  : […] Cependant, des efforts étaient entrepris pour surmonter la crise et le Sommet européen d'Helsinki, en décembre 1999, accorda enfin à la Turquie le statut de candidat à l'adhésion. Dix nouveaux pays entrèrent dans l'UE le 1 er  mai 2004, tandis qu'Ankara obtenait très difficilement de Bruxelles, à la fin de 2004, la date du 3 octobre 2005 pour l'ouverture des négociations d'adhésion. Malgré des hau […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

12 décembre 2019 • États-Unis • Reconnaissance du génocide arménien.

Après la Chambre des représentants en octobre, le Sénat adopte à son tour, à l’unanimité, une résolution reconnaissant le génocide des Arméniens perpétré en Turquie en 1915-1916. Ankara déclare que cette résolution « met en péril l’avenir [des] relations bilatérales ».  [...] Lire la suite

5-22 février 2018 • Pays-Bas - Turquie • Proposition de reconnaissance du génocide arménien.

pour soutenir le référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Ankara avait alors interdit le retour de l’ambassadeur néerlandais, qui était hors du pays. Le 22, le Parlement néerlandais adopte massivement une motion proposant la reconnaissance du génocide des Arméniens [...] Lire la suite

24 juin 2016 • Vatican - Arménie • Visite du pape François à Erevan.

Le 24, au premier jour de sa visite de trois jours à Erevan, le pape François qualifie de nouveau de « génocide » le massacre des Arméniens par les troupes ottomanes en 1915. La Turquie juge que la « très fâcheuse » déclaration du pape illustre « la mentalité des croisés ». François avait déjà [...] Lire la suite

2-6 juin 2016 • Allemagne • Reconnaissance du génocide arménien.

Le 2, le Bundestag adopte à la quasi-unanimité une résolution condamnant le génocide des Arméniens perpétré en Turquie en 1915. Celle-ci prend acte de la part de responsabilité revenant au Reich allemand, alors allié de l’Empire ottoman. Le président turc Recep Tayyip Erdogan dénonce un geste [...] Lire la suite

12-24 avril 2015 • Arménie • Soutiens internationaux en faveur de la reconnaissance du génocide de 1915.

Le 12, lors de la messe célébrée au Vatican à l’occasion du centenaire des massacres d’un million et demi d’Arméniens perpétrés par l’Empire ottoman de 1915 à 1917, le pape François qualifie cet épisode historique de « premier génocide du xxe siècle [...] Lire la suite

27-28 janvier 2014 • France - Turquie • Visite d'État de François Hollande à Ankara.

difficiles » de cette négociation – « la séparation des pouvoirs, l'État de droit, les libertés fondamentales, la justice » – et rappelle que cette adhésion sera soumise à référendum. En outre, François Hollande appelle la Turquie à un « travail de mémoire » au sujet des massacres d'Arméniens en 1915, mais le terme « génocide » n'est pas prononcé.  [...] Lire la suite

28 février 2012 • France • La loi réprimant la contestation du génocide arménien reconnue inconstitutionnelle.

Le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi par des députés et des sénateurs, juge contraire à la Constitution le texte adopté par le Parlement en janvier, qui prévoyait de réprimer la contestation des génocides reconnus par la loi française, dont le génocide des Arméniens par l'Empire ottoman [...] Lire la suite

6-7 octobre 2011 • France • Visite du président Nicolas Sarkozy dans le Caucase.

arménien. Une loi française de janvier 2001 reconnaît déjà ce génocide perpétré en 1915 par l'Empire ottoman, qui a causé la mort d'un million et demi d'Arméniens. Le 7, après une courte étape en Azerbaïdjan où il est le premier chef d'État français à se rendre, Nicolas Sarkozy continue sa visite [...] Lire la suite

10 octobre 2007 • Turquie - États-Unis • Reconnaissance par les États-Unis du génocide des Arméniens.

La commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants vote un texte qui reconnaît le « génocide » perpétré contre les Arméniens dans l'Empire ottoman au début du xxe siècle. Le président George W. Bush était opposé à cette résolution [...] Lire la suite

Pour citer l’article

Raymond KÉVORKIAN, « ARMÉNIENS GÉNOCIDE DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/genocide-des-armeniens/