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FU [FOU], genre littéraire chinois

L'évolution du genre

Dans les siècles qui suivent les Han, les seuls auteurs du fu qui aient quelque importance sont Pan Yue (mort en 300) avec son « Fu de la marche vers l'Ouest » et Zuo Si (mort vers 306) avec son « Fu des trois capitales » et, dans un genre très différent, Lu Ji (261-303), dont le « Fu de la littérature » est en fait le premier traité d'esthétique littéraire.

Sous le nom de fu, on aura désormais une très grande variété de sujets. Un recueil qui en fut constitué au début du xviiie siècle réunit environ quatre mille pièces qui sont classées, d'après leurs sujets en trente-huit catégories. La plupart des grands auteurs de la littérature chinoise ont écrit des fu. Comme le montre l'œuvre de Du Fu (712-770), ce sont souvent des poèmes à la gloire de l'empereur : le fu a gardé de ses origines le caractère d'une poésie de cour, car sa forme littéraire se prête au dithyrambe. Mais le titre de fu est donné aussi, dans la littérature bouddhique et populaire des Tang (618-907), à des sortes de parodies humoristiques comme le « Fu de l'hirondelle », satire de la justice de l'époque.

Avec la dynastie des Song (960-1279), les descriptions très élaborées, le vocabulaire recherché, les allusions obscures ont fait place à des réflexions philosophiques, à l'expression des sentiments personnels de l'auteur, comme en témoignent le « Fu des sons de l'automne » de Ouyang Xiu (1007-1072) et plus encore les deux « Fu de la falaise rouge » de Su Shi (1036-1101). Si la forme est voisine de la prose, à part une certaine cadence et quelques rimes, l'évocation d'une nature où l'homme trouve une beauté dont son cœur est envoûté, l'atmosphère de mysticisme qui se dégage de la ferveur des phrases donnent aux poèmes une résonance lyrique qui manquait aux premiers fu. Si le fu a toujours hésité entre la poésie et la prose, les deux se trouvent conciliées dans ce que l'on peut appeler, au sens baudelairien, un véritable « poème en prose ». Mais on est alors très loin des origines.

— Yves HERVOUET

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-VII, directeur de l'Institut des hautes études chinoises au Collège de France

Classification

Pour citer cet article

Yves HERVOUET. FU [FOU], genre littéraire chinois [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • BAN GU [PAN KOU] (32-92)

    • Écrit par
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    Des trois enfants du lettré Ban Biao, l'un, Ban Chao, fut un valeureux capitaine, les deux autres, Ban Gu et leur sœur Ban Zhao, de grands historiens. Pour réaliser le projet de son père, Ban Gu entreprit de donner une suite aux Mémoires historiques (Shiji) de Sima Qian. D'abord mis en...

  • CAO PI [TS'AO P'I] ou CAO PEI [TS'AO P'EI] (187-226) empereur sous le nom de WENDI [WEN-TI] (220-226)

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    À la mort de Cao Cao (220), le vainqueur de la guerre civile où sombra la dynastie des Han, Cao Pi (ou Cao Pei), son fils aîné, lui succéda comme roi de Wei et Premier ministre du dernier empereur des Han. Quelques mois plus tard, celui-ci renonçait à son trône en faveur de Cao Pi, qui fonda...

  • CHINOISE (CIVILISATION) - La littérature

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    • 3 médias
    ...poètes s'inspiraient eux-mêmes des Paroles de Chu, dont l'élan mystique s'assagit peu à peu et donna naissance à ce qu'on appela le fu, sorte de récitatif libre, dont le ton restait incantatoire et très soutenu, mais qui tourna peu à peu, sous les Han, au genre descriptif, avec d'excessives...
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    ...et leurs imitateurs anonymes. Non content de cette annexion, il mord aussi sur le genre littéraire le plus noble, le plus raffiné, celui du récitatif ( fu), auquel il emprunte des sujets nouveaux. Ainsi le champ de la poésie s'agrandit-il dans deux directions opposées. La poésie chantée, d'une part, inspire...
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