FŒHN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le mot Fœhn (allemand dialectal) vient du latin favonius, qui signifie « léger vent d'ouest ». En fait, le fœhn n'a pas de direction privilégiée. Sa présence est directement liée à la configuration générale des lieux et au relief de la région. C'est pourquoi il est plus juste de parler d'« effet de fœhn ». Un tel phénomène met parfaitement en évidence l'action du relief sur les conditions climatiques. Non seulement, ce dernier impose un changement de direction à l'air atmosphérique, mais il en modifie la nature même.

L'air est un fluide en mouvement et tout obstacle a tendance à perturber son écoulement. Quand il se présente devant une montagne, deux possibilités s'offrent à lui : la contourner ou la surmonter. En la contournant, c'est-à-dire en subissant une déviation horizontale, il donne naissance à des vents locaux, bien connus des habitants de la région concernée. En passant par-dessus la montagne, il subit une déviation verticale et déclenche l'effet de fœhn : de frais et humide, l'air devient chaud et sec. Cette métamorphose étonnante résulte d'une application simple et rigoureuse des lois de la physique.

Entraîné par le vent, l'air frais et humide doit franchir la montagne. En s'élevant l'air se détend (car la pression atmosphérique est moins forte) et sa température baisse approximativement de 0,65 0C tous les 100 mètres. Ce refroidissement provoque la condensation de la vapeur d'eau qu'il contient sous forme de gouttelettes. Et c'est ainsi que se forment des nuages qui s'accumulent sur le versant « au vent » de la montagne, où ils donnent souvent de la pluie ou de la neige. L'air perd ainsi une bonne partie de la vapeur d'eau qu'il transportait. Son taux d'humidité diminue. Une fois le sommet franchi, c'est donc de l'air frais, mais plus sec, qui commence à dévaler les pentes. Cet air frais et sec est comprimé au fur et à mesure de la descente par une pression atmosphérique de plus en plus élevée. Ainsi, il s'échauffe peu à peu, comme le ferait n'importe quel gaz comprimé. Cette compression provoque un réchauffement, d'autant plus rapide que l'air est plus sec : environ 1 0C par 100 mètres. L'air se réchauffe donc plus vite en descendant la montagne qu'il ne se refroidissait en s'y élevant. Ainsi, de l'air frais et humide qui franchit une montagne de 1 000 à 2 000 mètres d'altitude gagne de 5 à 10 0C après ce passage. La traversée de la montagne a donc modifié radicalement les caractéristiques de l'air.

Effet avec précipitations sur le versant au vent

Dessin : Effet avec précipitations sur le versant au vent

Effet fœhn, avec précipitations sur le versant au vent de la montagne. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Pour qu'il y ait effet de fœhn, il faut qu'il y ait précipitation au vent de la montagne. Dans le cas contraire, l'eau qui s'est condensée lors de l'ascension se vaporise à nouveau, sous l'effet de la compression, au cours de la descente, et la base du nuage « sous le vent » sera exactement au même niveau que le nuage au vent de la montagne.

En Savoie ou en Haute-Savoie, le fœhn est souvent à l'origine de réchauffements particulièrement spectaculaires. En hiver, cette hausse brutale des températures contribue quelquefois à augmenter très sérieusement le risque d'avalanches.

Au pied des Pyrénées, sur le Pays basque et le Béarn, l'effet de fœhn, par vent de sud-ouest, vaut à Biarritz et à Pau de nombreux records de chaleur tout au long de l'année.

La plaine d'Alsace, plus spécialement la région de Colmar, soumise à l'effet de fœhn, reçoit de faibles précipitations, bien inférieures à celles que l'on relève sur le versant lorrain des Vosges. En effet, Colmar, au débouché de la plaine d'Alsace, ne reçoit qu'une moyenne de 580 millimètres d'eau par an. Pendant cette même période, il tombe environ 1 445 millimètres d'eau sur les versants ouest des Vosges.

En Corse, le libeccio est un vent dominant de sud-ouest. Il détermine des pluies « au vent » du relief et, par effet de fœhn, devient sec sur la côte orientale.

Le chinook qui souffle sur les côtes de la Californie est l'un des exemples les plus spectaculaires de l'effet de fœhn à grande échelle. C'est une « brise de terre » qui descend des montagnes Rocheuses et qui s'échauffe considérablement à la suite de la compression de l'air. Parfois qualifié de « mangeur de neige », ce vent est souvent [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  FOEHN  » est également traité dans :

ALPES

  • Écrit par 
  • Jean AUBOUIN, 
  • Bernard DEBARBIEUX, 
  • Paul OZENDA, 
  • Thomas SCHEURER
  •  • 13 213 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Particularités climatiques et hydrologiques »  : […] L’orographie des Alpes implique des variations importantes concernant la température de l’air, les précipitations et les vents. La température de l’air diminue en moyenne de 0,6  0 C par 100 mètres de dénivellation ; dès lors, les étages moyens et supérieurs de la chaîne présentent des températures moyennes inférieures de 5 à 15  0 C à celles des plaines environnantes. Les contrastes de températur […] Lire la suite

ASCENDANCE, météorologie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 4 803 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « La convection forcée »  : […] Dans une atmosphère en instabilité convective conditionnelle, le soulèvement provoqué par un forçage dynamique peut être suffisant pour déclencher cette instabilité et donner naissance à des nuages convectifs développés. Le repérage des zones de possible forçage est souvent utile pour surveiller les situations à risque. La présence près du sol de zones de convergence des vents est un élément qui p […] Lire la suite

DÉPRESSION, météorologie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 3 417 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les dépressions dynamiques »  : […] Les dépressions dynamiques se forment en présence d’une forte divergence des vents. Elles créent alors un appel d’air qui peut favoriser la formation de courants provenant des couches adjacentes. Dans cette catégorie, on rencontre principalement les dépressions orographiques et les dépressions extratropicales. Les dépressions orographiques apparaissent sous le vent des barrières montagneuses. El […] Lire la suite

ÎLES

  • Écrit par 
  • Guy LASSERRE
  • , Universalis
  •  • 5 320 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Les climats insulaires »  : […] Il est bien difficile de dégager des traits climatiques communs aux îles, tant leur variété est grande. La latitude et la situation géographique jouent un rôle prépondérant pour définir les types de climats : polaire, froid, océanique, désertique, tropical, etc. Si les Kerguelen n'ont pas été colonisées de manière permanente, alors qu'elles ont une superficie de 7 000 kilomètres carrés, c'est lar […] Lire la suite

Pour citer l’article

René CHABOUD, « FŒHN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/foehn/