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FINANCE DE MARCHÉ Marchés dérivés

Les premiers marchés à terme réglementés sont nés à Chicago au xixe siècle, mais leur véritable essor date du début des années 1970, après l'introduction des premiers contrats à terme sur devises sur le Chicago Mercantile Exchange (C.M.E.) et des premières options sur actions sur le Chicago Board Options Exchange (C.B.O.E.). Depuis lors, la croissance des marchés à terme ne s'est jamais démentie : du milieu des années 1980 aux années 2000, les volumes ont pratiquement été multipliés par 500 !

En France, les premiers marchés dérivés organisés (Matif et Monep) sont nés au milieu des années 1980 avec le processus de modernisation des marchés financiers. Depuis le début des années 2000, les marchés dérivés français sont régis par une filiale d'Euronext, le Liffe, le marché à terme londonien.

Parmi l'éventail des contrats à terme traités sur des marchés organisés, on distingue les contrats à terme fermes (ou futures) et les options. Ces instruments à terme ont la particularité d'engager les contractants sur l'achat ou la vente, à un prix et à une date fixés, d'une quantité déterminée d'actifs dits sous-jacents (actions, indices, matières premières, etc.). En d'autres termes, ils « dérivent » d'autres actifs issus des marchés au comptant, d'où leur dénomination de produits et de marchés « dérivés ». La différence essentielle entre les futures et les options vient de ce que, dans le dernier cas, l'acheteur obtient du vendeur, moyennant le paiement d'une prime, le droit, et non l'obligation, d'acheter (call) ou de vendre (put) l'actif sous-jacent. Cela signifie qu'il peut à terme, si c'est dans son intérêt, ne pas exercer son option, alors que, dans le cas d'un future, son engagement est ferme.

L'utilisation des produits dérivés comme instrument de couverture

Les contrats à terme, fermes ou optionnels, permettent aux investisseurs de se couvrir ou de spéculer sur les aléas du marché. Prenons, par exemple, le cas d'une entreprise exportatrice européenne qui doit recevoir dans trois mois plusieurs millions de dollars et qui se trouve donc exposée au risque de fluctuation du change. L'entreprise a le choix entre plusieurs stratégies. Première stratégie, elle peut décider de ne pas se couvrir, auquel cas elle spécule. Elle court certes le risque que le dollar se déprécie et que sa marge commerciale diminue en conséquence ; mais dans le cas d'une appréciation du dollar, elle réaliserait un gain. Deuxième stratégie, l'entreprise peut décider de se couvrir en achetant un contrat à terme d'échéance trois mois lui permettant de vendre les dollars (qu'elle va recevoir) contre des euros (sa monnaie de trésorerie) à un cours qu'on appelle le cours à terme, fixé aujourd'hui, c'est-à-dire le jour de la signature du contrat ; l'entreprise est alors couverte contre la baisse du dollar (hausse de l'euro), mais elle ne peut pas profiter d'une hausse éventuelle. Troisième stratégie possible, l'entreprise peut décider de se couvrir en achetant un put (option de vente) qui lui permet, dans trois mois, de vendre des dollars au taux fixé dans le contrat d'option, moyennant le paiement d'une prime qu'elle devra acquitter, qu'elle exerce ou non le contrat. À l'issue des trois mois, en cas de baisse du dollar, l'entreprise exercera son option et vendra ses dollars contre des euros au taux fixé dans le contrat ; mais dans le cas contraire, elle pourra, en n'exerçant pas son option, profiter de l'appréciation du dollar.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Bourse de Chicago : crise financière de 2002

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Autres références

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