ÉTHER

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Définition et rôle d'un milieu

L'étude de la lumière, qui a toujours pour terrain d'élection une théorie des milieux, est aussi le départ de l'idée intuitive d'éther. En effet, l'optique faisait intervenir des conceptions très différentes de celles qui présidaient, par exemple, au mouvement des astres. En un temps où les théories de la lumière demeuraient presque toutes des théories de la vision, l'idée de milieu se trouvait suscitée par la question : Comment voyons-nous ? Les réponses se devaient de justifier l'action réciproque de l'objet vu et de l'œil qui voit.

On put se rallier à des hypothèses fondées sur une émission ayant son origine dans l'œil, dans les objets ou même dans les deux à la fois. Toutefois, on put encore, bien que ce fût moins fréquent, imaginer l'existence d'un milieu qui baigne l'œil et l'objet lumineux, supportant ainsi des actions de proche en proche. Il s'agissait alors d'un milieu matériel dont la présence ne nous apparaît pas immédiatement, c'est-à-dire d'un milieu subtil.

Néanmoins, c'est seulement au début du xviie siècle que s'affirme, souvent maladroitement, l'autonomie de la notion d'éther.

En effet, si la lumière est considérée comme un corps qui se propage, l'éther subtil doit se confondre avec elle ; l'introduction de cette notion ne peut mener qu'à une théorie de l'émission. Telles étaient les nombreuses conceptions qualifiées habituellement de « théories de l'éther ». Qu'il s'agisse de « fluide universel », de « feu artiste », d'« élément subtil spécifique », le mouvement de l'éther luminifère s'identifie à la propagation même du mobile lumineux.

Si la lumière est, au contraire, une action spécifique, l'éther devient un support autorisant une propagation de proche en proche tout en restant, en général, immobile.

C'est ce rôle de l'éther et non sa nature qui justifie l'intervention de ce milieu subtil. Sa structure, continue ou corpusculaire, reste alors tout à fait accessoire. Ses propriétés doivent simplement permettre la propagation des phénomènes lumineux et expliquer leurs caractères.

Or, au début du xviie siècle, la multiplication des machines à faire le vide montre que la lumière se propage dans un milieu rebelle à tous les artifices qui pourraient l'éliminer. Ainsi, l'analogie entre la lumière et le son – analogie qu'avait soupçonnée Léonard de Vinci – se révèle limitée dans son principe même.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  ÉTHER  » est également traité dans :

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 834 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'Univers »  : […] L'œuvre physique d'Aristote est loin de se limiter à l'ouvrage intitulé Physique , qui n'est, à vrai dire, que l'introduction théorique à un vaste programme d'investigations cosmologiques, météorologiques et biologiques. Le traité Du Ciel n'est pas essentiellement consacré, contrairement à ce que l'on pourrait attendre, à une étude des phénomènes astronomiques, mais plutôt à une étude générale de […] Lire la suite

ÉLÉMENTS THÉORIES DES

  • Écrit par 
  • René ALLEAU
  •  • 8 234 mots

Dans le chapitre « Les Ioniens »  : […] Vers 600 avant J.-C., Thalès de Milet, le fondateur de l'école ionienne, semble avoir été le premier philosophe qui ait tenté de dégager une théorie cosmologique préscientifique des systèmes magico-religieux babyloniens et égyptiens. En effet, la conception centrale de la cosmologie de Thalès, selon laquelle l'Eau était l'élément primordial de l'Univers, ne doit pas être interprétée littéralement […] Lire la suite

ESPACE-TEMPS

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre PROVOST, 
  • Marie-Antoinette TONNELAT
  • , Universalis
  •  • 6 020 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Espace et temps absolus »  : […] Dans l'Antiquité, la notion d'espace absolu est liée à la conception hiérarchique d'un Cosmos. La plupart des cosmologies des Anciens supposent l'existence d'un Univers tridimensionnel fini, avec la Terre pour centre. L'espace est alors formé par un ensemble de sphères homocentriques correspondant à chacun des astres errants ; il est fermé par la sphère des fixes. Le mouvement circulaire des astre […] Lire la suite

FOUCAULT LÉON (1819-1868)

  • Écrit par 
  • Cyril VERDET
  •  • 988 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Ses travaux en mécanique »  : […] La théorie ondulatoire de la lumière repose sur la notion d’éther, incontournable à cette époque. De même que l’air est le support des ondes sonores, l’éther était supposé être celui des ondes lumineuses. C’est par ce biais que cette théorie pose aussi des problèmes de mécanique, notamment celui de la mise en évidence du mouvement de la Terre par rapport à l’éther. Par ailleurs, les travaux de Gu […] Lire la suite

FRESNEL AUGUSTIN (1788-1827)

  • Écrit par 
  • André CHAPPERT
  •  • 1 720 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La théorie de l'éther et l'interprétation mécaniste de la lumière »  : […] Fresnel doit alors expliquer la propagation des vibrations transversales ; l' éther en sera le support nécessaire puisque, selon les conceptions de son époque, aucune vibration ne peut se propager sans un support matériel. Le problème de l'influence du mouvement des corps matériels sur l'éther, celui de l'aberration des étoiles ne suffisent pas à faire douter de l'existence d'un tel support. Il fa […] Lire la suite

LUMIÈRE

  • Écrit par 
  • Séverine MARTRENCHARD-BARRA
  •  • 6 174 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Vitesse de la lumière »  : […] La lumière ne se propage pas instantanément. Il faut par exemple 8 minutes à la lumière émise à la surface du Soleil pour parvenir jusqu'à nous, soit une vitesse d'environ 300 000 kilomètres par seconde dans le vide ; cet ordre de grandeur est aujourd'hui largement connu. Ce n'est pourtant qu'à la fin du xvii e  siècle qu'une première valeur de cette vitesse – dénommée usuellement c pour célérité […] Lire la suite

MICHELSON ALBERT ABRAHAM (1852-1931)

  • Écrit par 
  • Viorel SERGIESCO
  •  • 185 mots

Physicien américain, d'origine polonaise, né le 19 décembre 1852 à Strelno, en Prusse (aujourd'hui Strzelno, en Pologne) et mort le 9 mai 1931 à Pasadena en Californie. Professeur à l'université de Chicago, Prix Nobel de physique (1907), inventeur de l'interféromètre qui porte son nom, Albert Abraham Michelson a mené de nombreuses recherches expérimentales en optique, caractérisées par la rigueur […] Lire la suite

MORTON WILLIAM THOMAS GREEN (1819-1868)

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 540 mots
  •  • 1 média

William Thomas Green Morton, dentiste américain, est connu pour avoir montré en 1846 que l’on pouvait pratiquer des interventions chirurgicales dentaires sans douleur grâce à l’effet anesthésiant des vapeurs d’éther. Morton est né le 9 août 1819 dans une famille d’agriculteurs de Charlton, dans le Massachusetts. Il a pratiqué divers métiers avant d’accéder, en 1840, à l’école de chirurgie dentair […] Lire la suite

NATURE PHILOSOPHIES DE LA

  • Écrit par 
  • Maurice ÉLIE
  •  • 6 379 mots

Dans le chapitre « Physique et philosophies de la nature »  : […] D'un point de vue historique, il semble que cette distinction n'ait pas toujours existé, si l'on admet que les penseurs présocratiques furent indissolublement physiciens et philosophes de la nature, eux qui cherchèrent l' Archè , le principe des choses, s'interrogèrent sur leurs éléments, terre, air, eau ou feu, ainsi que sur leurs modes de composition et de séparation. Ainsi, l'idée de transforma […] Lire la suite

RELATIVITÉ - Relativité restreinte

  • Écrit par 
  • Bernard PIRE
  •  • 3 432 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Historique »  : […] La remarquable synthèse de l'électromagnétisme opérée à la fin du xix e  siècle, en particulier par Michael Faraday et James Clerk Maxwell, semblait imposer l'existence d'un « éther luminifère », hypothétique substance dans laquelle se propageraient les ondes lumineuses. Conçue pour détecter le mouvement de la Terre par rapport à cet éther, l'expérience (1887) des deux physiciens américains Alber […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Marie-Antoinette TONNELAT, « ÉTHER », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ether/