ÉPURATION (1944-1945)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

En France, répression des actes de collaboration avec l'ennemi, en particulier à partir de l'été 1944. Dès le début de 1943, la mise à l'index de tous ceux qui avaient occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de Vichy était décidée par les résistants et les gaullistes. En novembre 1943, l'Assemblée consultative d'Alger se prononce pour la condamnation sans appel de Vichy et des vichystes (« Vichy, c'est l'anti-France »). La Tunisie puis la Corse sont libérées. Pour les civils, comme pour les militaires, les législateurs d'Alger mettent au point les critères qui seront ceux de l'épuration en France. En juillet 1943, deux ordonnances proclament la légitimité des actes accomplis pour la cause de la libération de la France, puis deux autres instaurent les premières mesures de dissolution d'organismes représentant le gouvernement de Vichy. En août 1943, le cas de Pucheu est à l'ordre du jour ; le procès revêtira une importance capitale. De Gaulle dit dans ses Mémoires : « La raison d'État exige un rapide exemple. » Pucheu, secrétaire d'État à l'Intérieur de Vichy, sera jugé et fusillé à Alger en mars 1944. L'Assemblée consultative met en place les dispositions essentielles de l'épuration administrative, politique, et des mesures visant la collaboration économique ; enfin on introduit dans le dispositif juridique la notion d'inéligibilité. À la fin de 1943, les préliminaires à l'épuration l'annoncent impitoyable et totale. Et d'abord, que représentait le gouvernement de Vichy ? Il fallait une rupture universelle avec ceux qui s'étaient placés sous l'autorité de Pétain. Le 1er mars 1942, le général de Gaulle n'avait-il pas déclaré : « La libération nationale est inséparable de l'insurrection nationale » ? Cette épuration ne sera pas monolithique ; pour certains, ce sera une volonté de justice ; pour d'autres, une fureur vindicative de punir ; pour d'autres enfin, une volonté révolutionnaire. Ces conceptions se juxtaposent pendant les premiers mo [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

Classification


Autres références

«  ÉPURATION (1944-1945)  » est également traité dans :

ART SOUS L'OCCUPATION

  • Écrit par 
  • Laurence BERTRAND DORLÉAC
  •  • 7 392 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La résistance »  : […] Le message de ces artistes était certes crypté, obligeant les historiens à reconsidérer la notion courante de « résistance » à l'occupant. Même s'il est impossible d'évaluer avec précision le pourcentage de résistants par catégories socioprofessionnelles, les artistes ne semblent pas s'être distingués par une attitude particulière. En outre, un créateur pouvait procéder à des actions de résistance […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-sous-l-occupation/#i_49622

COMITÉ FRANÇAIS DE LIBÉRATION NATIONALE (C.F.L.N.)

  • Écrit par 
  • Armel MARIN
  •  • 694 mots
  •  • 5 médias

La première séance du Comité français de Libération nationale (C.F.L.N.), créé le 3 juin 1943, eut lieu le 4 juin à Alger, sous la coprésidence du général de Gaulle , représentant les Français de Londres, et du général Giraud , représentant ceux d'Alger. Il comportait cinq membres : général Catroux, général Georges, Massigli, Monnet, Philip. Le 7, il sera complété avec Abadie, Couve de Murville et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/comite-francais-de-liberation-nationale/#i_49622

GUINGOUIN GEORGES (1913-2005)

  • Écrit par 
  • Charles-Louis FOULON
  •  • 700 mots

« Extraordinaire entraîneur d'hommes que son exemple galvanise », « une des plus belles figures de la Résistance », ces mots de la citation le nommant chevalier de la Légion d'honneur, le 7 juillet 1945, puis sa désignation de Compagnon de la Libération par décret du 19 octobre 1945 ont témoigné du rayonnement de Georges Guingouin, « premier maquisard de France » dès 1941 et condamné par contumac […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-guingouin/#i_49622

INTELLECTUEL

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 9 430 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La guerre et l'Occupation »  : […] Comme le constate Stefan Zweig dans Le Monde d'hier (1942), une certaine Europe cultivée est morte avec l'arrivée du nazisme au pouvoir. Une majorité d'intellectuels allemands et autrichiens ont fui. Installés en France, certains d'entre eux gagneront les États-Unis, d'autres seront déportés, Walter Benjamin se suicidera. L'Espagne, après une dure répression, s'installe dan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/intellectuel/#i_49622

LIBÉRATION, France (1944-1946)

  • Écrit par 
  • Jean-Marie GUILLON
  •  • 3 903 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Épuration »  : […] La stigmatisation de l'épuration sert généralement de prétexte pour tenter de disqualifier la Résistance. Éruptive, massive, elle a été diverse dans ses formes, inégale selon les lieux, les milieux et les moments. Les trois quarts des quelque 9 000 à 10 000 exécutions sommaires se produisent avant ou pendant les combats de la Libération. Les brimades, souvent excessives, les arrestations, souvent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberation-france/#i_49622

POLICE SOUS VICHY

  • Écrit par 
  • Jean-Marc BERLIÈRE
  •  • 3 850 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les bases de l'organisation policière contemporaine »  : […] Soucieux de faire respecter l'ordre nouveau, d'appliquer les innombrables mesures d'exclusion qui touchent des catégories de plus en plus nombreuses, soucieux surtout d'affirmer sa souveraineté face au vainqueur, le nouveau régime a besoin d'une police forte, nombreuse, moderne, efficace et loyale. On imagine aisément que l'instrument que lui a légué la République ne répond en rien à ses ambitions […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/police-sous-vichy/#i_49622

TEITGEN PIERRE-HENRI (1908-1997)

  • Écrit par 
  • Charles-Louis FOULON
  •  • 870 mots

Pierre-Henri Teitgen restera pour l'histoire l'un des organisateurs de l'épuration à la Libération et l'un des piliers de la « troisième force », sous la IV e  République ; il fut trois fois vice-président du Conseil, en 1947, 1948 et de juin 1953 à juin 1954, ainsi que le fort antigaulliste président du Mouvement républicain populaire de 1952 à 1956. Né à Rennes le 29 mai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-henri-teitgen/#i_49622

Pour citer l’article

Armel MARIN, « ÉPURATION (1944-1945) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/epuration/