ÉGYPTEGéographie

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quelques données-clés.
CapitaleLe Caire
Langue officiellearabe
Unité monétairelivre égyptienne (EGP)
Population101 993 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)996 603

Les territoires de l'écoumène

Les Égyptiens distinguent trois environnements qui structurent les perceptions, les pratiques et les usages du territoire : les campagnes, l'âme du pays mais aussi le foyer de son arriération ; les villes, limitées à quelques cités majeures ; et les déserts, longtemps royaumes des morts, mais faisant de plus en plus figure de nouvel horizon de loisir et d'initiative entrepreneuriale.

Les campagnes

La campagne ne se réduit plus à l'univers du fellah, le paysan égyptien. L'agriculture n'occupe plus, au début du xxie siècle, que 28 p. 100 des actifs contre 72 p. 100 en 1947, et son poids dans le P.I.B. a décliné de façon parallèle de 29 p. 100 en 1970 à 16 p. 100 en 2005.

L'agriculture elle-même s'est radicalement transformée. La propriété, après avoir été caractérisée au xixe et au début du xxe par la constitution de très vastes domaines latifundiaires, a fait l'objet, sous l'impulsion de Nasser, d'une redistribution en faveur de la petite paysannerie. En 1950, 4 p. 100 des propriétaires possédant plus de 20 ha contrôlaient 52 p. 100 du sol en culture, mais, en 2000, ils n'étaient plus que 1,6 p. 100 et ne possédaient plus que 15 p. 100 des terres. Le revers de cette plus grande justice, c'est la fragmentation de la propriété avec désormais 58 p. 100 des propriétaires qui ne possèdent pas plus de 1 feddan (0,42 ha) contre 21 p. 100 en 1950. La tendance est à la reconstitution d'exploitations plus larges, surtout depuis la libéralisation des loyers de la terre en 1997.

Les grands domaines, vecteurs de l'introduction des cultures commerciales et de l'essor de l'industrie textile, engrangeaient, jusque dans les années 1970, d'importants bénéfices liés à la culture du coton, mais la part égyptienne dans le total des exportations mondiales de coton s'est effondrée, passant de 36 p. 100 en 1970 à 1,9 p. 100 en 1990. Il ne représente plus que 4,7 p. 100 de la surface récoltée contre 19 p. 100 en 1950. Ce déclin accompagne celui de l'industrie textile, longtemps premier employeur du pays, laminée par la concurrence asiatique et l'abandon progressif des barrières douanières.

Le trèfle d'Alexandrie ou bersim demeure, avec 17 p. 100 de la surface récoltée, la culture dominante ; il nourrit les buffles qui restent la principale force de traction agricole et les cheptels bovins et ovins fournissant lait et viande. Viennent ensuite le maïs, le blé et le riz. Le riz a conquis les terres mal drainées du bas Delta, les barārī. Les rendements se sont accrus ; celui du blé, désormais en grande partie transgénique, est passé de 18,5 quintaux par ha en 1952 à 50 en 1995.

Le monde rural compte plus d'actifs dans les services, l'artisanat et l'industrie que dans l'agriculture. Les secteurs de forte croissance sont les transports et la construction ; ils accompagnent l'explosion des migrations alternantes qui se sont substituées aux migrations résidentielles et donc à l'exode rural. La probabilité pour les ruraux d'avoir à rejoindre quotidiennement une autre commune est passée de 12 p. 100 en 1988 à 23 p. 100 dix ans plus tard. Les stratégies de vie des ruraux maximisent les solidarités familiales, l'ancrage, alors que les emplois urbains ne sont plus attractifs en termes de salaire. Du coup, la croissance des villages et des bourgs est désormais plus forte que celle des grandes villes. L'urbanisation gagne la totalité de l'écoumène : 70 p. 100 de la population vit dans plus de 800 agglomérations de plus de 10 000 habitants.

Les villes

Alors que le taux officiel d'urbanisation stagne à 43 p. 100, la croissance démographique naturelle des bourgs et des villages, que les habitants ne quittent plus pour les villes, y a entraîné un puissant processus d'urbanisation. Les métropoles sont elles-mêmes affectées par le déclin de leur centre, lié aux migrations vers les villages périphériques et au vieillissement de leurs résidents. L'ensemble du système urbain est concerné par ce phénomène, que ce soit Le Caire, avec ses 13 millions d'habitants, quinzième ville du monde et première d'Afrique, Alexandrie et ses 4 millions de résidents, ou les capitales régionales, Mansoura, Mahalla al-Kûbra, Tanta, Zagazig, Port-Saïd et Assiout, dont la population s'échelonne de 300 000 à 600 000 habitants. La question de l'habitat illégal s'étend désormais à l'ensemble du pays et concerne plus [...]

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Pour citer l’article

Éric DENIS, « ÉGYPTE - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/egypte-geographie/