DOBROUDJA

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Région de plateaux et de plaines dominant le cours inférieur du Danube en aval de Ruse et s'abaissant vers la mer Noire, de la baie de Varna aux bouches du Danube, la Dobroudja est traversée par une frontière dont le tracé, depuis le port danubien de Silistra jusqu'à la côte, fut une source d'âpres conflits entre la Bulgarie et la Roumanie. Lieu de fondations grecques (à partir du ~ vie s.), cette région devint le bastion avancé de l'Empire de Trajan (Scythia minor), puis de celui de Byzance ; couloir d'invasions médiévales, absorbée dans l'Empire ottoman au xve siècle, elle revint à la Roumanie en 1878 après les guerres russo-turques ; elle comptait alors une population clairsemée et de grande diversité ethnique. La division actuelle résulte des partages intervenus à l'issue des guerres balkaniques (1913) et de la Première Guerre mondiale, lors de la Seconde Guerre mondiale et enfin au traité de Paris en 1947.

Des transferts de population ont laissé, au nord, une Dobrogea roumaine et, au sud, une Dobrudza bulgare dont les marges méridionales (Loudogorie) conservent une forte minorité turque.

Sur les plateaux découverts de la Dobroudja bulgare, secs, mais aux bons sols noirs, de rares villages disposent d'immenses surfaces de culture, progressivement affectées par les mesures de privatisation et de réforme agraire adoptées en 1991. Mais le système de culture, associé à l'élevage ovin et bovin, fait toujours une large place aux céréales et aux betteraves à sucre. Certains coteaux portent des vergers et des vignobles. À l'exception de quelques bourgades et de Dobrich (ex-Tolboukhine, 100 000 hab. en 2001), les villes sont installées à la périphérie, sur le Danube (Toutrakan, Silistra) et sur la mer Noire où, de Varna à la frontière roumaine, le littoral a été entièrement transformé par la création d'une série ininterrompue de stations touristiques.

Limitée au sud par la frontière bulgare, bordée à l'est par la mer Noire, longée sur les deux autres côtés par le Danube, la Dobroudja roumaine apparaît quelque peu marginale dans l'ensemble roumain : deux ponts seulement, l'un ferroviaire (Cernavoda, 1895), l'autre routier (Hîrsova, 1971), franchissent le fleuve. Peu étendue (12 000 km2), médiocrement peuplée, cette région, seule façade maritime du pays, tient pourtant une place croissante dans l'économie nationale.

Les plateaux à caractère steppique constituent la dominante du paysage. Dans la moitié septentrionale, du Danube à la mer, quelques reliefs vigoureux à défaut d'être élevés (467 m), vestiges exhumés de plissements anciens, jouxtent des plateaux de grès et calcaires secondaires, traversés au nord de venues volcaniques, et une basse plaine à étangs littoraux. Dans la partie méridionale, les sédiments jurassiques, crétacés et sarmatiens constituent des tables calcaires qui atteignent rarement 200 mètres et s'abaissent au-dessous de 100 entre Cernavoda et Constanta. Du lœss tapisse presque entièrement cet espace. Les précipitations sont faibles (400 à 450 mm), en fait très irrégulières avec un maximum en juin. L'amplitude thermique est marquée, malgré l'effet maritime : partout, la moyenne de janvier est négative, celle de juillet excède 22 0C. La brutalité des averses orageuses, la fréquence des vents violents sont autant de menaces pour les sols ; les chernozems largement dominants et les sols châtains ont longtemps été le domaine de la steppe. L'essor commercial du début du xxe siècle ranima le littoral ; le partage des anciens terrains de parcours entre les immigrants venus d'au-delà du Danube accéléra son intégration. Ces campagnes furent, les premières de tout le pays, entièrement collectivisées en 1957. Le troupeau ovin reste le plus nombreux, mais la Dobroudja est devenue terre de grande culture. Au second rang pour le tournesol, le département de Constanta occupe la première place pour la production céréalière : blé et maïs. De nouvelles orientations ont été rapidement développées : élevage bovin, culture fruitière (pêches) et surtout viticulture autour de Murfatlar. Le système d'irrigation de Carasu, le plus vaste du pays, tire son eau du Danube et per [...]

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Écrit par :

  • : maître assistant à l'université de Toulouse-Le-Mirail, expert de l'Organisation des Nations unies à Chypre
  • : agrégé de l'Université, assistant à l'université de Toulouse-Le-Mirail

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Pour citer l’article

Pierre-Yves PÉCHOUX, Jean-Pierre VIGNEAU, « DOBROUDJA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dobroudja/