DISCONTINUITÉ, musique

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On trouve le concept de discontinuité musicale en action au sein de la polyphonie prétonale (chacune des lignes de la polyphonie étant pensée pour elle-même, en dehors de la « verticalité » de leurs rencontres). Cependant, cette discontinuité ne resurgira véritablement qu'avec la naissance de la musique sérielle, si l'on excepte Charles Ives, qui, avant Arnold Schönberg, utilise des grilles sérielles, et qui, grâce au principe d'hétérogénéité guidant sa pensée musicale, aboutit à l'exaltation du principe de discontinuité avant même la naissance de la musique sérielle.

Cette dernière, fondée, au début du xxe siècle, sur l'abolition des références tonales, s'appuie sur l'invention de la série, qui n'est autre qu'une ordonnance des douze sons de la gamme chromatique tempérée dans une succession, définie au départ, et qui ne variera plus tout au long du morceau. Ce principe permet d'éviter toute polarisation et tout effet de hiérarchisation pervers grâce à la règle selon laquelle aucun son ne peut réapparaître avant l'énoncé intégral des onze autres, que cet énoncé soit pratiqué horizontalement, verticalement, ou les deux à la fois.

À l'apparition de la technique sérielle s'ajoutera la technique de la Klangfarbenmelodie (mélodie de couleurs de timbres), inventée par Schönberg et développée par Anton von Webern.

Même si la musique sérielle tente assurément de réintégrer la continuité par son emploi du développement continu, fondé sur la technique de la variation, l'essence même du processus sériel, ainsi que la polyphonie – réelle – qu'il instaure, reste bel et bien la remise en valeur de la notion de discontinuité. Le postsérialisme portera cette notion à l'incandescence en investissant, sériellement, tous les paramètres du son.

Cependant, l'impossibilité, à l'audition d'une œuvre intégralement sérialisée, de discerner la fonction d'un intervalle – un même son pouvant revenir dans l'œuvre [...]

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Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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MÉLODIE

  • Écrit par 
  • Henry BARRAUD
  •  • 4 131 mots
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Dans le chapitre « La discontinuité du discours wébernien »  : […] Du point de vue de l'histoire de la mélodie, il faut distinguer nettement les deux tendances de l' école de Vienne : celle de son fondateur Schönberg, celle de son disciple Webern . Dans un cas comme dans l'autre, les intéressés se défendent énergiquement d'avoir sacrifié la mélodie. Cependant, même si l'auditeur moyen peut éprouver certaines difficultés à l'identifier dans la musique de Schönberg […] Lire la suite

Pour citer l’article

Alain FÉRON, « DISCONTINUITÉ, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/discontinuite-musique/