CARTER ELLIOTT (1908-2012)

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Le compositeur américain Elliott Carter s'est affirmé comme l'un des plus importants de son siècle par le développement de processus rythmiques et formels qui, sans faire table rase des concepts traditionnels d'œuvre, ont abouti à de nouvelles formes d'organisation du matériau musical, qui peuvent être caractérisées, selon le musicologue Philippe Albéra, par « une série de termes : polyrythmie, indépendance des voix, athématisme, contrepoint dissonant, structures rythmiques irrégulières... »

Du néoclassicisme à la modulation métrique

Elliott Cook Carter Jr., né à New York le 11 décembre 1908, étudie auprès de Walter Piston et d'Edward Burlingame Hill à l'université Harvard, où il obtient un master of arts en 1932, puis à Paris, avec Nadia Boulanger, de 1932 à 1935 ; de ce fait, ses premières œuvres sacrifient au néoclassicisme qui prévaut alors. Mais il s'éloignera de cette esthétique aux relents « populistes » au bout de dix ans d'incertitudes stylistiques. Son ballet Pocahontas (1939), sa Première Symphonie (1942) ou son Holiday Overture (1944) témoignent de cette période, placée sous l'emprise de Stravinski, d'Hindemith et de Copland.

Elliott Carter

Elliott Carter

Photographie

L'œuvre du compositeur américain Elliott Carter se caractérise par des processus rythmiques et formels nouveaux, fondés sur la polyrythmie et l'indépendance des voix. 

Crédits : J. M. Chenet/ Corbis

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À partir de 1944, Carter se libère de la tonalité, développant un concept rythmique original (que le compositeur Richard Franko Goldman dénommera « modulation métrique », en faisant allusion aux innovations de Charles Ives en la matière) dont les premiers emplois sont consignés dans sa Sonate pour piano (1946), sa Sonate pour violoncelle et piano (1948), ses Huit Études et une fantaisie, pour quatuor à vent (1949), et, surtout, son Premier Quatuor à cordes (1950) ; c'est en effet avec cette œuvre que Carter trouve véritablement son langage personnel.

La modulation métrique recouvre des techniques qui visent à changer progressivement de tempo en usant de valeurs irrationnelle [...]


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Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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Pour citer l’article

Alain FÉRON, « CARTER ELLIOTT - (1908-2012) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/elliott-carter/