DE LAURENTIIS DINO (1919-2010)

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La vie de Dino De Laurentiis représente la classique histoire du self-made-man qui, à force d'énergie et d'ambition, parvient à bâtir un empire et à devenir une des grandes figures de Hollywood : en 2001, il reçu le prestigieux Irving Thalberg Award après avoir associé son nom à d'innombrables récompenses, par exemple les deux oscars de Fellini pour La Strada (1954) et Les Nuits de Cabiria (1957). Agostino De Laurentiis, devenu célèbre avec le prénom de Dino, est né dans la banlieue de Naples, à Torre Annunziata. Son père est propriétaire d'une fabrique de pâtes. Dino commence sa vie professionnelle comme représentant de l'entreprise familiale. Attiré par le spectacle, il entre en 1937 au Centro sperimentale di cinematografia pour y suivre les cours d'acteur. Après quelques petits rôles, le jeune homme commence à s'intéresser à la production au sein de la Fert de Turin. Il fonde en 1941 sa première société, la Realcine avant de rejoindre en 1942 la Lux Film de Rome comme directeur de production : il suit le tournage de Malombra de Mario Soldati (1942) et de Zazà de Renato Castellani (ibid.). C'est là qu'il fait la connaissance du Milanais Carlo Ponti, avec qui il s'associera quelques années plus tard.

Après la guerre, toujours habile à deviner les attentes du public et à accompagner les mouvements culturels, il produit Le Bandit d'Alberto Lattuada (1946), La Fille du Capitaine de Mario Camerini (1947), Sept Ans de malheur de Carlo Borghesio (ibid.) qui remporte un énorme succès grâce au comique Macario, Riz amer de Giuseppe De Santis (1949), film dans lequel il lance Silvana Mangano qu'il épouse à la fin du tournage (ils auront quatre enfants). En 1950, il restructure les studios de la Farnesina et fonde avec Carlo Ponti la compagnie Ponti-De Laurentiis qui produit surtout des films à grand spectacle (Mara, fille sauvage, M. Camerini, 1950 ; Les Trois Corsaires, M. Soldati, 1952 ; Panique à Gibraltar, D. Coletti, 1953 ; Ulysse, Camerini, 1954 ; Guerre et Paix, King Vidor, 1956), mais aussi des films d'auteur comme Europe 51 de Rossellini (1952), La Traite des blanches de Comencini (ibid.), La Louve de Calabre de Lattuada (1953), La Strada et Les Nuits de Cabiria de Fellini. En 1956, les deux associés se séparent. Trois ans plus tard, le producteur fonde sa propre compagnie, la Dino De Laurentiis Cinematografica, pour laquelle il construit en 1962 les studios de Dinocittà près de Rome (très actifs jusqu'à leur faillite en 1972). Il produit une série de films destinés au grand public, comme Barabbas de Richard Fleischer (1962), La Bible de John Huston (1966), Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli (1968), Waterloo de Sergueï Bondartchouk (1970), en même temps que des comédies magistrales comme La Grande Guerre de Mario Monicelli (1959) – lion d'or à Venise –, Une vie difficile de Dino Risi (1961), La Grande Pagaille de Luigi Comencini (ibid.), Les Sorcières, un film à sketches réalisé par Visconti, Bolognini, Pasolini, Rossi, De Sica (1967), L'Argent de la vieille de Comencini (1972).

Après avoir pris pied aux États-Unis dès 1961 avec la fondation de la Dino De Laurentiis Corporation, le producteur, jugeant que la crise l'empêche de mener à bien en Italie les grands projets internationaux auxquels il rêve, s'installe à New York en 1973 avant de transférer toutes ses activités à Hollywood en 1975. Il produit alors un grand nombre de films à succès. Parmi ceux-ci, mentionnons Serpico de Sidney Lumet (1973), Les Trois Jours du Condor de Sydney Pollack (1975), King Kong de John Guillermin (1976), L'Œuf du serpent d'Ingmar Bergman (1977), Flash Gordon de Mike Hodges (1980), Ragtime de Milos Forman (1981), Blue Velvet de David Lynch (1986) et Hannibal de Ridley Scott (2001).

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  • : professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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PONTI CARLO (1910-2007)

  • Écrit par 
  • Jean A. GILI
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Né à Magenta près de Milan en 1910, Carlo Ponti fait des études de droit avant de rejoindre la société milanaise Artisti Tecnici Associati (dont il prendra plus tard la direction). Pour elle, il produit Piccolo mondo antico (1940) de Mario Soldati, Sissignora (1941) de Ferdinando Maria Poggioli, Giacomo l'idealista (1942) d'Alberto Lattuada, trois films qui se détournent des bluettes sentimenta […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean A. GILI, « DE LAURENTIIS DINO - (1919-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dino-de-laurentiis/