DÉCROISSANCE

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Sortir du productivisme

Les débats autour de la décroissance, pris dans l'un des sens évoqués, tranchent avec le caractère convenu et souvent soporifique des débats sur le développement durable, ce terme ayant largement été vidé de sa substance depuis son introduction en 1987. C'est l'une des raisons principales qui expliquent l'attrait dont il fait l'objet. La décroissance introduit de la radicalité et pose d'emblée un vrai problème de fond : les « technologies de rupture » se font attendre, nous sommes chaque jour plus dépendants de systèmes techniques qui s'imposent à nous et nous dépassent, les objectifs politiques dominants restent orientés vers le « toujours plus » qui ne cesse d'aggraver la situation.

Pourquoi alors ne pas avoir simplement recouru à Marx, qui a aussi voulu déconstruire l'homme économique ? Parce que, pour les objecteurs de croissance, la thèse marxienne et ses différentes interprétations ont été prises en défaut, de plusieurs manières. Impossible, tout d'abord, de continuer à attribuer un rôle dialectique de médiation au développement des forces productives, au prolétariat. La centralisation est bien un produit direct de la croissance, mais les systèmes techniques ainsi développés ne conduisent pas nécessairement le prolétariat au pouvoir. Ils tendent au contraire à s'étendre sans fin, jusqu'à la destruction de la planète et de la société. Les objecteurs de croissance renouent ici avec les thèses développées contre les communistes par les sociaux-démocrates et les socialistes libertaires (Bakounine). Beaucoup de sympathisants de la décroissance sont proches de ces vieux courants anti-autoritaires. Impossible, ensuite, de soutenir encore que la dynamique capitaliste engendre un appauvrissement radical du prolétariat : la classe ouvrière s'est enrichie, du moins dans les pays du centre capitaliste. Elle aura donc beaucoup plus à perdre que ses chaînes dans une révolution. Enfin l'Union soviétique, qui devait abolir le capitalisme, n'a aboli que la [...]


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Pour citer l’article

Fabrice FLIPO, « DÉCROISSANCE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/decroissance/