CYRILLE D'ALEXANDRIE saint (entre 376 et 380-444)

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Évêque chrétien et docteur de l'Église, neveu de l'évêque Théophile d'Alexandrie. Après des études classiques et théologiques, Cyrille mena peut-être pendant un certain temps la vie monastique, puis devint clerc. Son oncle l'amena en 403 à Constantinople au concile du Chêne, qui déposa Jean Chrysostome. À la mort de Théophile, en 412, Cyrille fut élu au siège d'Alexandrie et il le conserva jusqu'à sa mort en 444.

La première partie de son épiscopat est marquée par la lutte contre les Juifs (expulsion de la communauté juive), les païens et les hérétiques. La sévérité qu'il déploya laissa supposer à certains contemporains, sans doute à tort, que Cyrille avait trempé dans le meurtre d'Hypathie (415). Il semble que, tout comme son oncle Théophile, que l'on surnommait « le Pharaon », Cyrille ait parfois abusé du pouvoir immense que lui donnait son titre d'évêque d'Alexandrie. Pendant la dizaine d'années qui suit, Cyrille jouit d'une plus grande tranquillité et s'adonne à la composition de nombreux ouvrages d'érudition biblique et de théologie.

En 428, Cyrille ouvre les hostilités contre Nestorius, évêque de Constantinople, et prend la défense du Théotokos (Marie, Mère de Dieu). En 430, l'évêque de Rome, Célestin, charge Cyrille d'obtenir le désaveu de Nestorius. Cyrille convoque alors un concile et adresse à Nestorius douze anathématismes de conception très alexandrine, qui sont jugés inacceptables par les Orientaux. À l'instigation de Nestorius, Théodose convoque alors un concile (Éphèse, 431), où Nestorius est déposé et condamné avant même que les évêques orientaux n'arrivent. En 433, pour favoriser la réconciliation avec ces derniers, Cyrille renonce à les faire souscrire à ses anathématismes, tandis que lesdits évêques acceptent la condamnation de Nestorius. Certains amis de Cyrille considèrent cette renonciation aux anathématismes comme une trahison de la part de celui-ci et demandent la condamnation de Diodore de Tarse et de Théodore de Mopsueste, qui avaient préparé par leur doctrine l'enseignement de Nestorius. Mais Cyrille, tout en attaquant cette doctrine, refuse de condamner des théologiens déjà disparus. Les dernières années de Cyrille sont à nouveau des années de paix au sein de l'Église. C'est durant cette période qu'il faut situer la composition qu'il fit de la réfutation du Contra Galilaeos de Julien.

—  Richard GOULET

Écrit par :

  • : docteur de troisième cycle, chargé de recherche au C.N.R.S.

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Pour citer l’article

Richard GOULET, « CYRILLE D'ALEXANDRIE saint (entre 376 et 380-444) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cyrille-d-alexandrie/