COXIE ou COXCIE MICHIEL (1499-1592)

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Le « Raphaël flamand » ne bénéficie pas de l'indulgence de la critique actuelle qui juge son œuvre terne et son italianisme appliqué. Michel Coxie est né à Malines ; Vasari le rencontre à Rome en 1532 et considère qu'il a « la manière italienne ». S'il reste difficile de prouver qu'il fut effectivement l'élève de Raphaël, on peut noter qu'il s'inspire autant de sa manière que du style de Fra Bartolomeo et de celui de Michel-Ange, en particulier dans l'ensemble de fresques évoquant la Légende de sainte Barbe, pour l'église flamande de Rome, Santa Maria dell'Anima.

David décapitant Goliath, M. Coxie

David décapitant Goliath, M. Coxie

photographie

Michiel COXIE, David décapitant Goliath, huile sur bois. L'Escurial, Espagne. 

Crédits : Bridgeman Images

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Commandée par le cardinal Guillaume Enckevoort, qui est représenté au-dessus de l'autel, exécutée entre 1531 et 1534, cette décoration, traitée dans un coloris vigoureux plus flamand qu'italien, souffre d'un manque de virtuosité dû au caractère de ce travail : Coxie serait le premier artiste flamand à s'être essayé à la fresque à Rome. Mais son succès fut certain, puisqu'il est nommé en 1534 à l'académie de Saint-Luc.

De retour à Malines en 1539, il fait partie de la corporation des artistes, et devient en 1543 bourgeois de Bruxelles, où il dessine des cartons de vitraux pour la chapelle du Saint-Sacrement de l'église Saint-Michel, probablement inspirés par des esquisses de Bernard van Orley, dont il paraît avoir été l'élève.

Ses tableaux, pour la plupart signés et datés, ne permettent pas de déceler une réelle évolution. Portraits dans la tradition flamande (Catherine de Suède, coll. part., New York), grandes compositions religieuses italianisantes (Dernière Cène, Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles), cartons de tapisseries, empruntés à ses propres peintures (panneaux de la Genèse, musée de Vienne), lui procurent une carrière officielle enviable. Le roi d'Espagne, Philippe II, se l'attache comme « peintre du roi » et lui commande une réplique de L'Agneau mystique de Van Eyck (aujourd'hui dispersée). François Ier le sollicite pour venir en France.

Au terme d'une carrière active prolongée, il meurt à Malines après avoir réalisé un triptyque de La Vie de sainte Gudule (église Saint-Michel, Bruxelles), ultime performance d'un artiste nonagénaire qui illustre le maniérisme flamand.

Habile portraitiste, son fils, Raphaël Coxie (1540 env.-1616), fut, comme son père, peintre du roi d'Espagne.

—  Jean-Marie MARQUIS

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TAPISSERIE

  • Écrit par 
  • Pascal-François BERTRAND
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Dans le chapitre « La Renaissance »  : […] Dès les premières années du xvi e  siècle, les tapissiers de Bruxelles imposèrent leur production de qualité, abondamment enrichie de fils d'or et d'argent, sur le marché et supplantèrent les ateliers de Flandres et du nord de la France, de Tournai et d'Arras principalement, qui avaient livré les plus belles pièces à l'époque précédente. En 1528, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tapisserie/#i_25465

Pour citer l’article

Jean-Marie MARQUIS, « COXIE ou COXCIE MICHIEL - (1499-1592) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/coxie-coxcie/