CONGRÉGATIONALISME

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Fondements théologiques et conséquences sociopolitiques

En Angleterre, après la rupture avec Rome (1534-1570), la création d'une Église nationale exerçant une autorité sur les Églises locales était admise par les anglicans (favorables au maintien de l'épiscopat) et par les presbytériens (partisans de la création de synodes). Les congrégationalistes, qui développèrent leur mouvement surtout au xviie siècle, se séparèrent de ces derniers sur ces deux points :

– La nation chrétienne qui regroupe l'ensemble des baptisés ne doit pas être identifiée avec l'Église de Jésus-Christ constituée par la réunion de ceux qui sortent du monde (en fait incrédule) pour professer leur foi et la vivre explicitement. Cette conception très stricte du membre de l'Église (« membre professant ») veut lutter contre le formalisme, les mœurs relâchées et l'hypocrisie ; elle exclut ceux que nous appelons aujourd'hui les chrétiens « sociologiques ».

– Chaque Église locale constitue pleinement l'Église et doit être libre de toute ingérence extérieure. Les membres de la communauté nomment eux-mêmes leurs pasteurs, docteurs et anciens, se prononcent sur les « membres indignes » et sur toutes les affaires concernant leur congrégation, sans avoir à soumettre leurs décisions au contrôle d'une hiérarchie ecclésiastique ou séculière.

Les Églises congrégationalistes ne se fondèrent pas, bien sûr, sur une conception démocratique au sens moderne de ce terme. Ainsi, chaque Église locale, en nommant ses conducteurs spirituels, est censée reconnaître les charismes (ou dons) qui sont octroyés par Dieu. Concrètement, cette différence se marque par le fait que la Bible, considérée comme Parole de Dieu, est la règle de doctrine et de vie pour l'ensemble des fidèles. Si la structure congrégationaliste favorise un éclatement du pouvoir et une diversification d'orientation au niveau des paroisses (par exemple, certaines admettent le pastorat féminin et d'autres le refusent), dans certains cas, comme l'a montré le sociologue américain H [...]


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Écrit par :

  • : directeur d'études émérite du groupe Sociétés, religions, laïcités au C.N.R.S.

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Dans le chapitre « L'ecclésiologie baptiste »  : […] Les divisions, parmi les baptistes, ont été innombrables au cours des âges. Il serait cependant erroné de leur prêter la même signification qu'aux divisions entre les grandes Églises. Dans une théologie congrégationaliste et dans le domaine de l'ecclésiologie, les baptistes sont hypercongrégationalistes : l'Assemblée locale (la paroisse si l'on veut, mais l'équivalence apparente est ambiguë) est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/baptisme/#i_11444

EDWARDS JONATHAN (1703-1758)

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Pasteur et philosophe calviniste américain. Né dans le Connecticut, Jonathan Edwards fit ses études à l'université Yale et fut très tôt influencé par la lecture de Locke ; d'une brillante intelligence, il devient pasteur de la communauté congrégationaliste de Northampton (Mass.) en 1727. Sa prédication, dans laquelle il s'oppose aux tendances arminiennes qui sont à l'œuvre dans son Église, conduit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jonathan-edwards-1703-1758/#i_11444

PILGRIM FATHERS

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Expression apparue au début du xix e  siècle aux États-Unis et née d'une référence de William Bradford à un passage de l'Épître aux Hébreux ( xi , 13 : « C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ») : elle désigne les cent deux passagers qui, en décembre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pilgrim-fathers/#i_11444

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Dans le chapitre « Le puritanisme américain »  : […] On peut distinguer deux vagues dans l'émigration puritaine durant la première moitié du xvii e  siècle. La première est celle des célèbres « Pères Pèlerins » ( Pilgrim Fathers ), puritains séparatistes des comtés du nord de l'Angleterre. Après un exil de douze ans à Leyde, ils craignirent que leur postérité ne devînt hollandaise et ne fût corrompue par un milieu qu'ils estimaient moralement peu él […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/puritanisme/#i_11444

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Réunion qui se tint du 15 avril au 24 juillet 1661, dans un immeuble du Strand, à Londres et où, accompagnés de leurs assistants respectifs, douze évêques de l'Église d'Angleterre rencontrèrent douze pasteurs presbytériens, en vue de réviser le Book of Common Prayer . Richard Baxter proposa vainement des modifications ; seules dix-sept mesures mineures furent intégrées dans le Prayer Book de 1662 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conference-du-savoy/#i_11444

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Pour citer l’article

Jean BAUBÉROT, « CONGRÉGATIONALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/congregationalisme/