RICH CLAUDE (1929-2017)

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Formé à l'école du Conservatoire, avec pour condisciples Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, le comédien Claude Rich, né le 8 février 1929 à Strasbourg, s'est impliqué avec la même ferveur à la scène et à l'écran.

Avec sa diction particulière, d'une douceur apparemment affectée, il va servir les auteurs du répertoire, en leur ajoutant une ironique subversion, comme dans Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac, qu'il interprète en 1962. Dans la lignée d'un Victor Boucher, il incarne également des rôles de jeunes premiers dits fantaisistes, voire décalés, dans des pièces telles que Jean de La Fontaine de Sacha Guitry, La Petite Hutte d'André Roussin ou Château en Suède de Françoise Sagan. Toujours dans les années 1960, il interprète avec brio deux pièces majeures du nouveau théâtre anglais, Le Retour de Harold Pinter (1966), et Les Quatre Saisons de Arnold Wesker (1968), toutes deux mises en scène par Claude Régy. Par la suite, on verra Claude Rich exceller dans le portrait de personnages historiques : ainsi le Talleyrand du Souper de Jean-Claude Brisville (1989), qu'il créera à l'écran dans un film du même titre mis en scène par Édouard Molinaro (1992), ou encore le cardinal Mazarin du Diable rouge (2008).

Le comédien a écrit également trois pièces – Le Zouave (1975), Un habit pour l'hiver –, mises en scène par Georges Wilson, ainsi qu’Une Chambre sur la Dordogne (1987), dans une mise en scène de Jorge Lavelli.

Parallèlement à sa carrière théâtrale, Claude Rich mène à bien un exemplaire parcours cinématographique, alternant films d'auteur et productions grand public. Il débute en 1955 dans Les Grandes Manœuvres de René Clair, qu'il retrouvera dans Tout l'or du monde (1961). Claude Rich croisera également le chemin de Jean Renoir dans Le Caporal épinglé (1962), Michel Deville, dans l'univers duquel il se trouve en parfaite symbiose (Ce soir ou jamais, 1961), François Truffaut pour La mariée était en noir (1968), avec quelques incursions dans le burlesque : Les Tontons flingueurs » (1963) et Oscar (1967) d'Edouard Molinaro. Il devient l'interprète de prédilection d'Alain Resnais, dans Je t'aime, je t'aime (1968), Stavisky (1974) et en voix off dans le film Cœurs (2006). Sans jamais apparaître à l'écran, il y est un inénarrable Monsieur Loyal, commandant l'intrigue à distance. Sous la direction de Bertrand Tavernier, il joue dans La Fille de d’Artagnan (1994) et Capitaine Conan (1996).

En 1993, il est récompensé aux césars pour son rôle dans Le Souper, après avoir reçu un césar d'honneur, en 1992, pour l'ensemble de sa carrière et la rigueur de ses choix.

Acteur discret, très apprécié de ses pairs, du public de théâtre comme des cinéphiles, Claude Rich allie à la sûreté de son jeu une élégance de bon aloi, qui en a fait un de nos comédiens les plus respectés.

Claude Rich meurt le 20 juillet 2017 à Orgeval (Yvelines).

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André-Charles COHEN, « RICH CLAUDE - (1929-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-rich/