WILSON GEORGES (1921-2010)

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Grand acteur de théâtre – il campera quelque deux cents rôles – et metteur en scène, Georges Wilson, né en banlieue parisienne (à Champigny-sur-Marne) mais dont le grand-père maternel est irlandais, choisit pour nom de scène le nom de sa mère. Pierre Renoir, au cours d'une audition où il était membre du jury au Centre de la rue Blanche, met sa carrière sur les rails, sous l'égide de Louis Jouvet et de Charles Dullin. Il débute en 1947 avec la compagnie Grenier-Hussenot, puis le centre dramatique de l'Ouest avant d'être engagé au Théâtre national populaire, au côté de Jean Vilar. C'est Gérard Philipe qui vient le débaucher à la fin d'une représentation pour lui proposer d'interpréter le rôle de Scoronconcolo du Lorenzaccio de Musset dans la cour d'honneur du palais des Papes à l'occasion du sixième festival d'Avignon, en juillet 1952. Par la suite, il endossera au T.N.P. quantité de rôles, dont celui de Don Guritan, dans Ruy Blas de Victor Hugo en 1954 – le personnage cocasse du drame, qui, au dire du critique du Figaro « prend un relief exceptionnel grâce aux jeux de physionomie, aux sourcils terriblement hérissés, à la jambe rhumatisante, aux airs de vieux héron déplumé simulés par cet excellent acteur qui a nom Georges Wilson ». Mais, dès 1953, il met en scène plusieurs pièces, dont La Garde-malade d'Henri Monnier (1953), Tout est bien qui finit bien de Shakespeare (1957), L'École des femmes de Molière (1958), La Résistible Ascension d'Arturo Ui de Brecht (1960), Un otage de Brendan Behan (1962), La Vie de Galilée de Brecht (1963).

Le cinéma le requiert également, mais dans de petits rôles : il est le capitaine Georges dans Les Hussards (1955) d'Alex Joffé, Jules Hauduin dans La Jument verte (1959) de Claude Autant-Lara, l'aumônier du Carmel dans Le Dialogue des carmélites (1960) de Philippe Agostini et Raymond Léopold Bruckberger. On remarquera la qualité de son jeu dans le difficile rôle d'amnésique d'Une aussi longue absence (1961) d'Henri Colpi. Puis il interprétera le rôle du capitaine Haddock dans Tintin et le mystère de la toison d'or (1961) de Jean-Jacques Vierne, ou encore Thomas dans Chair de poule (1963) de Julien Duvivier, le magistrat instructeur dans L'Étranger (1967) de Luchino Visconti, le commissaire dans Max et les ferrailleurs (1971) de Claude Sautet. Il sera la voix off du narrateur dans Le Cheval d'orgueil (1980) de Claude Chabrol ou le bâtonnier dans L'Honneur d'un capitaine (1982) de Pierre Schoendoerffer.

Au départ de Jean Vilar, en 1963, Georges Wilson accepte la direction du T.N.P. Il y reste jusqu'en 1972, années durant lesquelles il programmera 54 spectacles, dont 17 mises en scène seront signées de lui. Les Enfants du Soleil de Gorki (1963), Romulus le grand de Dürrenmatt (1964), Maître Puntila et son valet Matti de Brecht (1964), Luther de John Osborne (1965), Hamlet de Shakespeare (1965), L'Illusion comique de Corneille (1965), La Folle de Chaillot de Giraudoux (1965), Dieu, empereur et paysan de Julius Hay (1966), Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny de Brecht (1966). En 1967, il ouvre la salle Gémier de 520 places dans le palais de Chaillot. Il y monte Le Roi Lear de Shakespeare (1967), Chêne et lapins angora de Martin Walser (1968), Le Diable et le Bon Dieu de Sartre (1968), Arturo Ui de Brecht (1969), Early Morning de Bond (1970), Les Prodiges de Jean Vauthier (1971), Turandot de Brecht (1971), Le Long Voyage dans la nuit d'Eugène O'Neill (1973), Ubu à l'Opéra de Jarry (1973), Othello de Shakespeare (1975), Les Aiguilleurs de Brian Phelan (1977).

En 1978, il prend la direction artistique du Théâtre de l'Œuvre de Georges Herbert. La salle, de dimension modeste, lui permet d'échapper aux grosses productions inhérentes au T.N.P. Il y crée Un habit pour l'hiver de Claude Rich (1979), Siegfried de Jean Giraudoux (1980), Huis clos de Sartre (1981).

En 1982, George Wilson met en scène Falstaff de Verdi à l'Opéra de Paris, avec Seiji Ozawa au pupitre. Puis, en 1984, Jeanne au bûcher de Honegger au Carnegie Hall de New York. En 1989, il réalise La Vouivre, d'après le livre de Marcel Aymé, dont il confie le rôle principal à son fils [...]

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Yves KIRCHNER, « WILSON GEORGES - (1921-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-wilson/