CITÉ DE L'ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE, Paris

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Après plus d'une décennie de projets et de revirements politiques, après un chantier complexe mené à bien dans l'aile de Paris du Palais de Chaillot, la Cité de l'architecture et du patrimoine (C.A.P.A.) a ouvert ses portes au public les 15 et 16 septembre 2007, à l'occasion des journées du Patrimoine, avant d'être inaugurée le 17 septembre par le président de la République. Cet ensemble unique au monde, qui mobilise 150 personnes pour un budget total de fonctionnement de près de 20 millions d'euros, rassemble trois entités : le musée des Monuments français (M.M.F.), fermé depuis 1997, l'École de Chaillot (C.E.D.H.E.C.) et l'Institut français d'architecture (I.F.A.), doté d'une nouvelle bibliothèque, ouverte à l'automne de 2007.

« L'association sans restriction dans son patronyme des deux termes de patrimoine et d'architecture fonde le principe et l'originalité de la Cité », souligne François de Mazières, président de l'institution depuis 2004. Cette coexistence n'était pas prévue à l'origine, en 1994, lorsque, sur proposition de Jean-Marie Pérouse de Montclos et de Jean-Pierre Vincent, le ministère de la Culture et de la Communication lançait le projet d'un Centre national du patrimoine. Un projet qui, au-delà du caractère institutionnel qu'il conférait à la notion de patrimoine, devait redonner un lustre perdu au musée des Monuments français. Héritier du musée de Sculpture comparée ouvert en 1882 dans le palais du Trocadéro, soit trois ans après la mort de son principal instigateur, Eugène-Emmanuel Viollet le-Duc, enrichi sous l'impulsion de son conservateur Paul Deschamps à partir de 1937, cet ensemble de reproductions de portails romans et gothiques, de peintures murales et de vitraux n'attirait plus, depuis longtemps, un public à sa mesure. C'est donc bien sur la question de la pédagogie que, d'emblée, a porté la définition d'une institution modernisée, apte à sensibiliser le grand public sur le thème de la constitution et de la conservation du patrimoine monumental français.

Abandonné en 1997, le projet défendu par Jacques Toubon est réorienté à la demande de la nouvelle ministre de la Culture, Catherine Trautmann, qui confie à l'historien Jean-Louis Cohen une mission de préfiguration sur le thème du musée d'architecture – une structure dont de nombreux pays européens et américains se sont dotés depuis les années 1980. Approuvé en février 1998, le projet d'une Cité de l'architecture et du patrimoine implique alors l'association, en une seule entité juridique, du M.M.F. et de l'I.F.A., ce dernier ayant été créé en 1980 afin de promouvoir la création contemporaine et de mettre en valeur la production des architectes français du xxe siècle, au sein d'un département Archives et histoire. Ce « mariage » ne sera pas remis en cause avec la nomination, en 2004, de François de Mazières à la tête de l'établissement public à caractère industriel et commercial de la Cité de l'architecture et du patrimoine. Confirmée également, la mission de maîtrise d'œuvre générale visant à reconfigurer l'aile de Paris du Palais de Chaillot, et confiée dès 1995 à Jean-François Bodin, a toutefois dû s'inscrire dans une nouvelle orientation, notamment pour ce qui concernait le domaine proprement muséographique. Le débat portait alors principalement sur le sort réservé aux collections historiques (moulages et peintures) et sur le contenu entièrement nouveau créé pour la galerie d'architecture moderne et contemporaine.

L'esprit de la collection historique n'a pas fondamentalement changé. La galerie des moulages propose un parcours géographique et chronologique, repensé dans certains cas pour en améliorer la compréhension. De nombreuses nouvelles maquettes, des fiches pédagogiques et des développements multimédias permettent en outre de compléter cette présentation. La galerie des peintures murales et des vitraux – dont certains n'avaient jamais été exposés – a en revanche donné lieu à une scénographie entièrement repensée par Jean-François Bodin, sur le thème du labyrinthe. Pour la période qui va du xiie au xvie siècle, le nouvea [...]

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  • Maurice CULOT, 
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Simon TEXIER, « CITÉ DE L'ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE, Paris », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cite-de-l-architecture-et-du-patrimoine-paris/