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CHANGE Les opérations de change

Der Goldwaeger und seine Frau, Q. Massys

Der Goldwaeger und seine Frau, Q. Massys

Le montant quotidien des opérations de change a atteint plus de 5 000 milliards de dollars en avril 2013.

Même si l'on tient compte de l'intensification des échanges de biens et de services liée à la mondialisation, on ne peut qu'être frappé par cette véritable explosion des opérations de change intervenue depuis les années 1970. Il est clair que ce ne sont pas seulement les opérations d'achat-vente (ou de prêt-emprunt) de devises d'origine commerciale qui se trouvent à la base de cette croissance exponentielle ; d'autres, induites par les opérations précédentes ou liées aux transactions financières, s'y sont ajoutées en nombre.

Le marché des changes s'est en particulier étendu à de nouveaux produits, notamment à des dérivés sur devises (swaps, options, futures...), qui en repoussent fortement les limites. De plus, c'est la technique des marchés elle-même qui explique l'extraordinaire foisonnement des opérations et la montée en puissance des volumes. On est bien loin aujourd'hui de l'époque des changeurs spécialisés des foires du Moyen Âge (les trapézistes) qui, sur un simple banc de bois, entamèrent les premiers échanges de monnaies.

Certes, le change manuel, « le guichet », subsiste, mais il ne constitue qu'une part infime du total des opérations. Celles-ci se réalisent au niveau du change scriptural, sur la base d'une multitude d'ordres donnés par la clientèle, mais aussi engendrés par les banques elles-mêmes au niveau de leurs relations interbancaires. Dans un monde où l'électronique est reine et où les écrans d'ordinateur sont omniprésents, les opérations n'impliquent plus du tout la rencontre physique des opérateurs. Ceux-ci communiquent à travers de grands systèmes d'information (Reuters, Télérate, Bloomberg), qui permettent une circulation instantanée de l'information d'un bout à l'autre du monde, et cela, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Les volumes des opérations de change

Depuis les années 1970, on assiste à une véritable explosion des opérations de change. Entre 1989 et 2013, le volume global des opérations traitées (y compris celles découlant des dérivés) a été multiplié par huit pour passer de 620 à 5 300 milliards de dollars chaque jour, d’après l’enquête triennale de la Banque des règlements internationaux (B.R.I.). En moyenne, cela correspond à une progression de presque 10 p. 100 par an Toutes opérations confondues, le flux quotidien des opérations représente la moitié environ de toutes les réserves officielles en devises et l’équivalent de plusieurs mois d’opérations commerciales (exportations et importations). Cette progression du marché des changes, nettement plus rapide que celle de la richesse mondiale, a été pratiquement continue depuis les années 1970 (hormis au début de 2000, au moment de la disparition des monnaies nationales de la zone euro).

Le dollar des États-Unis est, de très loin, la principale monnaie véhiculaire puisqu’il se retrouve dans neuf transactions sur dix. L’euro participe à près d’une transaction sur trois et le yen à une sur quatre.

Bien que la livre sterling ne soit plus la monnaie de réserve internationale depuis des décennies, la City conserve une place prépondérante dans les échanges. L’essentiel des opérations sont ainsi réalisées à Londres (40 p. 100). Viennent ensuite New York (19 p. 100), Singapour et Tōkyō (5 p. 100). Paris n'intervient qu'à hauteur de moins de 3 p. 100 des échanges mondiaux. Néanmoins, le marché des changes est à considérer davantage comme un espace-réseau que comme un espace-lieu. Les systèmes d'information mis en œuvre sont si rapides et si sophistiqués que les offreurs et demandeurs de devises y sont en contact permanent, quelle que soit leur localisation physique. Les coûts de transaction exprimés par les écarts[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Der Goldwaeger und seine Frau, Q. Massys

Der Goldwaeger und seine Frau, Q. Massys

Change : flux quotidien d'opérations « traditionnelles » (B.R.I.)

Change : flux quotidien d'opérations « traditionnelles » (B.R.I.)

Autres références

  • CHANGE, notion de

    • Écrit par Marc POURROY, Séverine VANDELANOITE
    • 1 786 mots

    Au xiie siècle, lors des grandes foires de Champagne, les commerçants venus d'horizons divers avaient recours aux changeurs, qui procédaient à la conversion des différentes monnaies en circulation. Ce n'est toutefois qu'à l'époque de la Renaissance que les banquiers d'Italie du Nord réunirent les fonctions...

  • ACCORDS DE BRETTON WOODS

    • Écrit par Francis DEMIER
    • 286 mots
    • 1 média

    Le système monétaire mis en place à Bretton Woods en 1944 répond, pour les Américains, à la volonté d'éviter les crises monétaires, dont on pensait qu'elles avaient entraîné le protectionnisme, le nationalisme, la guerre. Le système se présente comme un retour à l'étalon or qui, avec un système de...

  • AN ENQUIRY INTO THE NATURE AND EFFECTS OF THE PAPER CREDIT OF GREAT BRITAIN, Henry Thornton - Fiche de lecture

    • Écrit par Jérôme de BOYER
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    Thornton décrit le mécanisme d'arbitrage dit « des points d'entrée et de sortie de l'or » et démontre comment, lorsque la convertibilité des billets en or est suspendue, un déficit de la balance des paiements provoque une baisse sensible du taux de change qui fait monter le prix...
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    – Dans le monde contemporain où prédominent les changes flottants – même s'il existe des zones de stabilité des changes voire d'intégration monétaire forte (exemple de la zone euro) – et où les banques centrales interviennent largement pour gérer le flottement, les anticipations...
  • ARGENTINE

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    Lerégime de change, qui est mis en place en 1976, a pour objectif de couper court aux anticipations inflationnistes, en fixant à l'avance le taux de dévaluation de la monnaie. Parallèlement, l'indexation des salaires est éliminée et la monétisation du déficit est interdite (la Banque centrale ne pouvant...
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