CHANGE, notion de

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Au xiie siècle, lors des grandes foires de Champagne, les commerçants venus d'horizons divers avaient recours aux changeurs, qui procédaient à la conversion des différentes monnaies en circulation. Ce n'est toutefois qu'à l'époque de la Renaissance que les banquiers d'Italie du Nord réunirent les fonctions d'achat et de vente de devises, institutionnalisant le « change » – de l'italien cambio, signifiant échange. Ce change manuel ne représente plus aujourd'hui que 1 à 2 p. 100 du total des transactions, l'essentiel des opérations d'échange de devises étant réalisées par des écritures (change scriptural).

Une opération de change se fait sur la base d'un taux de change bilatéral qui définit le prix d'une monnaie dans une autre monnaie. Lorsque l'on écrit que le taux de change euro contre dollar (en écriture cambiaire, EUR /USD) est de 1,20, cela signifie qu'avec 1 euro on obtient 1,20 dollar. Pour un résident de la zone euro, le taux de change est ici dit coté au certain : il exprime le nombre d'unités de devise étrangère obtenues ou à verser en échange d'une unité de monnaie nationale. Pour un Américain, ce même taux de change est coté à l'incertain : il fournit le nombre d'unités de monnaie nationale équivalent à une unité de devise étrangère.

Quant à la détermination du niveau du taux de change, les théories se partagent entre celles qui privilégient une approche réelle et celles qui se tournent vers une approche financière. Les premières attribuent un rôle essentiel au marché des biens et services. La théorie de la « parité des pouvoirs d'achat » (P.P.A.), formalisée en 1916 par l'économiste suédois Gustav Cassel, établit que le taux de change (de long terme) assure l'égalité entre les niveaux de prix domestique et étranger, une fois ces prix exprimés dans une même unité monétaire. L'« approche par la balance des paiements » instaure le taux de change comme variable d'ajustement de la balance commerciale. Par exemple consécutive à un déficit commercial, la baisse du taux de change (pour une monnaie cotée au certain) accroît la compétitivité des produits nationaux ; il en résulte un volume accru d'exportations et un moindre volume d'importations permettant de rétablir l'équilibre des échanges extérieurs. Le taux de change finit ainsi par retrouver son niveau de P.P.A.

Mais le développement des transactions financières internationales et le flottement généralisé des monnaies en 1973 ont placé les facteurs financiers au premier rang des déterminants du taux de change sur le court terme. Selon l'approche monétaire, le taux de change correspond au prix de la rareté relative de deux monnaies (une moindre quantité d'euros que de dollars en circulation, en raison par exemple d'une politique monétaire plus restrictive en Europe, devrait ainsi concourir à l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar), alors que, selon la théorie du choix de portefeuille, il constitue le prix de la rareté relative des actifs domestiques et étrangers, qu'ils soient monétaires (quantités de monnaie) ou financiers (titres), en tenant compte des primes de risque exigées par les investisseurs selon la devise de placement.

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Écrit par :

  • : docteur en économie, attaché temporaire d'enseignement et de recherche au Centre d'économie de la Sorbonne, université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne
  • : adjointe au chef du pôle d'analyse économique du secteur financier, direction générale du Trésor et de la Politique économique, ministère de l'Économie, chercheuse associée au G.A.T.E.-C.N.R.S., université de Lyon-II-Lumière

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Pour citer l’article

Marc POURROY, Séverine VANDELANOITE, « CHANGE, notion de », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/change-notion-de/