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CHAUTEMPS CAMILLE (1885-1963)

Combattant volontaire de la Première Guerre mondiale, Camille Chautemps est avocat et maire de Tours à partir de 1919 et député radical-socialiste d'Indre-et-Loire de 1919 à 1928. Ensuite, député du Loir-et-Cher de 1929 à 1934, il devient sénateur et le reste jusqu'en 1940. Il inaugure sa carrière ministérielle en 1924, avec le portefeuille de l'Intérieur dans le gouvernement du Cartel ; puis il est garde des Sceaux dans le cabinet Painlevé en 1925 et, à nouveau, à l'Intérieur avec Briand et dans le deuxième cabinet Herriot (1926). Homme courtois et habile, il est dignitaire de la franc-maçonnerie, et son influence est grande au sein de son parti. Le 21 février 1930, il est un éphémère président du Conseil présenté et renversé le même jour. Il retrouve le portefeuille de l'Intérieur quand Herriot revient au pouvoir en 1932 et dans les trois cabinets suivants. En cette période troublée par l'agitation sociale et nationaliste, il redevient président du Conseil au moment de l'affaire Stavisky. L'indignation publique prend pour cible le ministre Chautemps, qui a refusé de former une commission d'enquête. Il se retire très vite. Léon Blum l'appelle comme ministre d'État en 1936. Blum tombe en juin 1937, et Chautemps lui succède pour ramener la confiance et poursuivre la pause économique ; il appelle aux Finances Georges Bonnet, tandis que Léon Blum est relégué à une vice-présidence honorifique. En janvier 1938, Chautemps, en séance de la Chambre des députés, prononce des paroles jugées menaçantes pour la classe ouvrière et « rend sa liberté » au Parti communiste dont l'opposition ne cesse de s'affirmer contre sa politique et son parti. Les socialistes se retirent à la suite de la bagarre de Clichy, mais la crise ministérielle est résolue par le même Chautemps qui réforme son cabinet sans les socialistes. Ce dernier ne dure que deux mois. Au début de mars, il démissionne sans être mis en minorité, préférant se retirer devant l'aggravation de la situation internationale. Le lendemain, la France n'a pas de gouvernement au moment de la crise de l'Anschluss. Cette démission sans héroïsme montre l'importance grandissante que prend la conjoncture internationale dans la conduite des affaires intérieures. Après l'échec du second gouvernement Blum, c'est le tour de Daladier qui va rester à la présidence de mars 1938 à mars 1940. Chautemps a le titre de vice-président du Conseil chargé de coordonner les services de la présidence. Il conservera ce titre dans le cabinet de guerre de Paul Reynaud (de mars à juin 1940). Partisan de l'armistice, il appartient au premier cabinet Pétain, du 16 juin au 12 juillet 1940, comme ministre d'État et vice-président du Conseil. C'est lui qui eut l'idée de proposer que soient demandées à l'Allemagne les conditions d'un armistice et non pas l'armistice lui-même. Cette astuce entraîna vers l'armistice une majorité de ministres qui n'osaient défendre ouvertement leurs opinions. Chargé de mission aux États-Unis, Camille Chautemps y resta pendant toute la durée de la guerre.

— Armel MARIN

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Écrit par

  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

Classification

Pour citer cet article

Armel MARIN. CHAUTEMPS CAMILLE (1885-1963) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • ARMISTICE DE 1940

    • Écrit par
    • 935 mots
    • 1 média

    L'armistice franco-allemand signé à Rethondes le 22 juin 1940 par le général Huntziger et le général Keitel reste l'un des sujets les plus controversés de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. La « drôle de guerre » a pris fin le 10 mai 1940 avec l'invasion de...

  • FRONT POPULAIRE

    • Écrit par
    • 4 946 mots
    • 1 média
    Tout d'abord, les deux ministères du radicalCamille Chautemps se succèdent de juin 1937 à mars 1938. Le premier (juin 1937-janvier 1938) se présente comme un gouvernement de Front populaire à direction radicale avec participation socialiste, Léon Blum étant vice-président du Conseil. Mais l'attribution...
  • STAVISKY AFFAIRE

    • Écrit par
    • 762 mots

    D'une famille israélite originaire de Russie, Serge Alexandre Stavisky arrive en France avec son père en 1898. Il est naturalisé français en 1910. Il ne tarde pas à se signaler à la justice française par une série d'escroqueries et de chèques sans provision. Mais, inexplicablement, les plaintes...

  • TROISIÈME RÉPUBLIQUE

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    • 14 493 mots
    • 33 médias
    ...point d'inciter le ministre Roger Salengro au suicide. Le Sénat lui ayant refusé les pleins pouvoirs, Blum se retira (juin 1937). Les radicaux, avec Chautemps comme président du Conseil, prolongèrent jusqu'en mars 1938 la majorité de Front populaire au milieu de difficultés sociales et monétaires incessantes....