BOSTON

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Capitale de l’État du Massachusetts et principale ville de Nouvelle-Angleterre, Boston, avec ses 673 000 habitants en 2016, est au cœur de la dixième agglomération des États-Unis (4,8 millions d’habitants). Elle est également la deuxième agglomération de la mégalopole BosWash (Boston-Washington), dont elle constitue le maillon septentrional. Sa place dans l’histoire de la nation américaine, son dynamisme culturel et industriel, ses universités de premier plan à l’échelle mondiale en font l’une des cités les plus influentes des États-Unis.

États-Unis : carte administrative

Carte : États-Unis : carte administrative

Carte administrative des États-Unis. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Située sur l’Atlantique, dont elle est abritée par un chapelet d’îles au fond de la baie du Massachusetts, Boston, au débouché de la rivière Charles, est avant tout une place portuaire qui, contrairement à ses concurrentes mieux reliées à l’intérieur du continent par des voies fluviales majeures (New York, Baltimore, Montréal), n’a jamais bénéficié d’un hinterland très vaste. Cet isolement relatif par rapport au continent et cette ouverture vers la mer ont certainement participé à lui forger sa singularité.

Boston est née en 1630, lorsque le gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts, John Winthrop, décide de déplacer le port de ce territoire – jusqu’alors situé à Charlestown – un peu plus au sud, sur un nouveau site facile à défendre contre les incursions des Indiens algonquins, plus précisément la presqu’île de Shawmut, hérissée de trois collines. Winthrop est à la tête d’un groupe de puritains anglais et hollandais, qui vont édifier autour du common – lieu de pâturage public commun – un village au plan irrégulier, à l’image de la topographie du site – c’est ce plan qui donne aujourd’hui à Boston cet aspect si « européen », une originalité parmi les villes américaines. Les puritains baptisent la ville du nom d’un village anglais du Lincolnshire, d’où sont originaires certains de leurs chefs, et instaurent une colonie austère autour de doctrines strictes inspirées du calvinisme. De nombreux autres États (le Rhode Island, le Connecticut ou la Pennsylvanie) seront d’ailleurs créés par opposition à la rigidité liberticide des puritains de la colonie du Massachusetts.

Le commerce, notamment avec l’Angleterre, est néanmoins rapidement florissant, et Boston, fière de son université de Harvard, fondée dès 1636, de ses nombreux édifices en pierre, de ses quais, et de ses 15 000 habitants, rivalise en importance avec New York et Philadelphie dès 1750. Des industries navales, textiles et métallurgiques assurent la prospérité de la cité, et les riches marchands bostoniens exportent les produits de la terre (farine, bois) et de la mer (huile de baleine, poisson), surtout vers l’Europe, et importent les productions antillaises (rhum, sucre, mélasse). Ce peuple de commerçants est toutefois sous la coupe de la couronne britannique et de ses lourdes taxes : les rébellions se multiplient, et le massacre de Boston en 1770 (lors duquel cinq civils tombent sous les balles des soldats anglais) entraîne, en 1773, la Boston Tea Party, durant laquelle les Bostoniens jettent à la mer une cargaison de thé en provenance d’Angleterre. Cet événement participe au déclenchement de la guerre d’Indépendance (1775-1783), marquée par le rôle de premier plan de certains Bostoniens, notamment Samuel Adams ou le huguenot Paul Revere.

Au xixe siècle, alors que les secteurs industriels existants sont consolidés, et notamment le textile, la place de Boston en tant que foyer économique de premier plan à l’échelle de la nation s’affirme grâce à son secteur bancaire, à sa Bourse – qui sera toutefois éclipsée à la fin du xixe siècle par celle de Philadelphie et surtout celle de New York – et à ses institutions éducatives. Elle devient ainsi l’une des principales portes d’entrée du Nouveau Monde et accueille une nouvelle population, catholique (Irlandais, Italiens) et juive. Après la guerre de Sécession, elle accueille également, et particulièrement dans le quartier de Roxbury, une population afro-américaine fuyant les États du Sud pour les villes industrielles du Nord-Est.

La cité est désormais trop à l’étroit. Déjà, l’architecte Charles Bulfinch l’avait fait entrer dans la modernité au début du xixe siècle en la dotant d’édifices dignes d’une grande cité, notamment la State House, encore utilisée aujourd’hui comme siège de l’État du Massachusetts. Mais c’est la poldérisation qui va modifier le visage et la configuration de la ville tout au long du xixe siècle : deux des trois collines du site originel sont arasées afin de combler des zones marécageuses et permettre l’édification, de l’autre côté du common, du vaste quartier de Back Bay qui, encore aujourd’hui, constitue avec le quartier des affaires (le CBD pour Central Business District) le centre-ville de Boston. Ces nouveaux quartiers ouest sont embellis et reliés entre eux par un système de parcs (le Emerald Necklace), conçu par Frederick Law Olmsted, et dans lequel est intégré le common – Boston Common – véritable Central Park bostonien. À la fin du xixe siècle, la ville, qui a annexé ces nouveaux quartiers, est désormais desservie par un métro et compte 350 000 habitants.

La base économique industrielle de Boston connaît une première crise lors de la grande dépression des années 1930. Malgré un sursaut lié à l’économie de guerre lors du second conflit mondial, ce déclin va s’accentuer avec le départ des activités traditionnelles vers des bassins de main-d’œuvre meilleur marché. La population de Boston, qui était de 800 000 habitants en 1950, commence à décliner, jusqu’à tomber à 560 000 habitants en 1980. Les populations blanches, dès les années 1950, ont tendance à quitter le cœur de l’agglomération au profit des banlieues, tandis que de nouvelles populations afro-américaines venues des États du Sud, hispaniques (jamaïcaine et portoricaine), puis plus récemment asiatiques (chinoise, vietnamienne) investissent ces quartiers de l’Inner City, qui se paupérise.

Pour contrer ce déclin, Boston se lance dans une vaste opération de renouveau urbain, d’abord orientée vers la destruction de quartiers entiers au profit de gratte-ciel (Prudential Center, tours du CBD puis le 200 Clarendon Street, aujourd’hui la plus haute tour de la ville, signée par l’architecte Ieoh Ming Pei), puis la reconversion de ses anciens quartiers portuaires proches du centre-ville. Hôtels, marinas, aquarium vont remplacer les anciens entrepôts qui, jusqu’alors, occupaient les quais, revitalisant ainsi l’ancien quartier italien du North End et les sites historiques du Fan [...]

Baie de Boston, États-Unis

Photographie : Baie de Boston, États-Unis

Capitale du Massachusetts, Boston est un port important de la côte est des États-Unis. Les gratte-ciel du quartier des affaires dominent la baie. 

Crédits : Omers/ Shutterstock

Afficher

Boston, États-Unis

Photographie : Boston, États-Unis

Métropole de la Nouvelle-Angleterre, la ville de Boston, capitale du Massachusetts (vue ici depuis la tour du Prudential Center) alterne bâtiments anciens et gratte-ciel. 

Crédits : Harshil Shah/ Flickr.com ; CC BY-ND 2.0

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Médias de l’article

États-Unis : carte administrative

États-Unis : carte administrative
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Baie de Boston, États-Unis

Baie de Boston, États-Unis
Crédits : Omers/ Shutterstock

photographie

Boston, États-Unis

Boston, États-Unis
Crédits : Harshil Shah/ Flickr.com ; CC BY-ND 2.0

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  BOSTON  » est également traité dans :

BOSTON ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
  •  • 769 mots
  •  • 4 médias

L'Orchestre symphonique de Boston (Boston Symphony Orchestra) fut fondé en 1881 par un banquier mélomane, le major Henry Lee Higginson (1834-1919), qui versa chaque année 50 000 dollars pour en assurer le fonctionnement. Convaincu de la supériorité des musiciens allemands, il fit appel à des chefs d'origine austro-allemande : Georg Henschel (1881-1884), Wilhelm Gericke (1884-1889 et 1898-1906), Ar […] Lire la suite

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Le territoire et les hommes) - Géographie

  • Écrit par 
  • Jacqueline BEAUJEU-GARNIER, 
  • Catherine LEFORT, 
  • Laurent VERMEERSCH
  •  • 19 933 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « L'Amérique de la maturité : mégalopole et Nouvelle-Angleterre »  : […] Un premier ensemble régional se distingue autour de la mégalopole atlantique. Véritable cœur des États-Unis, il trouve sa cohérence dans le rôle qu'il a joué dans la formation de la nation et dans son histoire, notamment celle d'une Amérique essentiellement tournée vers l'Europe. Souvent qualifié de puritain en raison de l'austérité religieuse des premiers colons, le Nord-Est est aujourd'hui une d […] Lire la suite

MÉGALOPOLIS

  • Écrit par 
  • Laurent VERMEERSCH
  •  • 2 043 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Un espace des possibles »  : […] Dès le xvii e  siècle, la colonisation anglaise en Amérique du Nord ne se fixe pas sur une seule ville mais sur un chapelet de petites cités fondées par différents groupes religieux en quête d’un refuge après les persécutions subies en Angleterre. Persuadé d’être porteur d’une mission divine, chaque groupe édifie sa « Jérusalem céleste », dont l’essor sera la preuve tangible que leur cité est bie […] Lire la suite

NOUVELLE-ANGLETERRE

  • Écrit par 
  • Christian PIHET
  •  • 1 846 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Une des régions les plus innovantes du pays »  : […] La Nouvelle-Angleterre n’est cependant pas le musée de l’Amérique. Dans les années 1970 s’ouvre un cycle fondé sur de nouvelles orientations industrielles dans le domaine de la haute technologie : aérospatiale, nucléaire civil, informatique et biotechnologie représentent désormais la base du système productif. La région est devenue, après la façade pacifique, le pôle principal des industries high- […] Lire la suite

Les derniers événements

1er-16 juin 2020 États-Unis. Développement du mouvement de contestation du racisme et des violences policières.

Boston (Massachusetts) et à Richmond (Virginie), en lien avec les revendications du mouvement Black Lives Matter. Les déboulonnages de statues de personnalités esclavagistes ou colonialistes se multiplieront, aux États-Unis comme en Europe. Le même jour, la plateforme de streaming HBO Max retire de son catalogue le film Autant en emporte le vent (1939 […] Lire la suite

16-30 janvier 2018 Vatican – Chili – Pérou. Visite du pape François en Amérique du Sud axée sur la pédophilie dans l'Église.

Boston et chef de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, affirme comprendre que la déclaration du pape ait choqué les victimes des prêtres pédophiles. Le 22, dans l’avion du retour, le pape demande pardon aux victimes de pédophilie au sein de l’Église, mais continue d’affirmer l’innocence de Mgr Juan Barros. Le 30, le Vatican annonce […] Lire la suite

13 mai 2013 Russie – États-Unis. Expulsion d'un diplomate américain accusé d'espionnage

Boston, perpétré en avril, qui avait séjourné au Daghestan.  […] Lire la suite

15-19 avril 2013 États-Unis. Attentat sur le marathon de Boston

Boston, tuant trois personnes. Il s'agit des premiers attentats terroristes perpétrés sans être déjoués sur le sol américain depuis ceux du 11 septembre 2001. Le 17, le F.B.I. diffuse des photos et des vidéos de deux suspects. Le 18, le F.B.I. révèle l'identité des deux hommes. Il s'agit de Djokhar et Tamerlan Tsarnaïev, deux frères d'origine tchétchène […] Lire la suite

2-31 janvier 2006 Irak. Résultats des élections législatives

Boston, Jill Caroll, est enlevée à Bagdad. Le 9, vingt-huit policiers sont tués à Bagdad dans un double attentat-suicide près du ministère de l'Intérieur. Le 17, dans une vidéo diffusée par la chaîne qatarie Al-Jazira, les ravisseurs de Jill Caroll menacent de tuer leur otage si les femmes prisonnières en Irak ne sont pas libérées dans les soixante-douze […] Lire la suite

Pour citer l’article

Laurent VERMEERSCH, « BOSTON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/boston/