BELLADONE

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De la famille des solanacées, la belladone (Atropa belladona) est une plante annuelle, vivace, pouvant atteindre un mètre de hauteur. On en utilise les feuilles, cueillies au moment de la floraison car la teneur en principes actifs y est la plus forte, ainsi que la racine, ramassée en automne pour les mêmes raisons. Ses principes actifs étant des alcaloïdes très toxiques, les principales pharmacopées l'ont classée au tableau A. Elle est peu abondante à l'état sauvage en France, mais elle y est cultivée pour les besoins de l'industrie pharmaceutique ; on la cultive aussi en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis.

Du point de vue chimique, en dehors des substances banales communes aux plantes d'une même famille, la belladone contient plusieurs alcaloïdes dont les plus importants sont l'hyoscyamine, l'atropine et la scopolamine.

L'hyoscyamine, ester du tropanol et de l'acide tropique gauche, est lévogyre ; elle s'isomérise assez facilement en atropine, dénuée de tout pouvoir rotatoire.

L'atropine est extraite de la plante dès la récolte : on dessèche les racines et on les broie très finement, on place le broyat dans un bac en bois en contact avec du carbonate de sodium, on épuise ensuite avec de l'éther dans un appareil spécialisé, enfin on lave avec de l'eau et on essore. Il est cependant nécessaire de racémiser (c'est-à-dire de rendre optiquement inactif), par le chloroforme et l'acétone, l'hyoscyamine qui aurait eu tendance à se former.

L'hyoscyamine et l'atropine possèdent des propriétés parasympatholytiques. L'action la plus caractéristique de l'hyoscyamine est l'intense dilatation de la pupille (mydriase) qu'elle provoque, d'où son usage pour les examens ophtalmologiques du fond de l'œil. Elle diminue aussi les différentes sécrétions, comme la sueur et la salive, et le tonus intestinal. L'atropine a les mêmes actions pharmacologiques, mais elle est deux fois moins active. On la prescrit contre les crises d'épilepsie et contre les douleurs stomacales ; le sulfate d'atropine est aussi très employé en pathologie cardio-vasculaire.

—  Philippe COURRIÈRE

Écrit par :

  • : docteur ès sciences, docteur en pharmacie, biologiste hospitalier, professeur de biophysique à la faculté des sciences pharmaceutiques de Toulouse, université Paul-Sabatier

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Pour citer l’article

Philippe COURRIÈRE, « BELLADONE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/belladone/