HONEGGER ARTHUR (1892-1955)

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Une dualité créatrice

Sa dualité fondamentale agissant, la célébrité lui vint en fait de deux œuvres complètement différentes : Le Roi David où Honegger réalisait pour la première fois son idéal d'une musique à la fois populaire et savante, dans la coulée de Bach, et puis, le premier de ses Trois Mouvements symphoniques, Pacific 231 (1923) dont la structure, entièrement issue d'une unique cellule initiale, et l'écriture harmonique, fortement bardée de frottements polytonaux, voire atonaux, jetaient leurs phares loin dans l'avenir, et jusqu'aux jours où, après 1945, Honegger devait, comme un grand frère, encourager les premiers pas de Pierre Boulez et par là même de toute la jeune musique française.

Pacific 231

Photographie : Pacific 231

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Frontispice de la partition de Pacific 231, un des trois «mouvements symphoniques», avec Rugby (1928) et le Mouvement symphonique no 3 (1933), écrits par Arthur Honegger. Composée en 1923, dédiée à Ernest Ansermet, cette œuvre sera créée au Palais-Garnier le 8 mai 1924, par Serge... 

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Cette dualité se maintient durant l'entre-deux-guerres : dans les opéras Judith (1926) et Antigone (1927), le premier d'écriture violente et barbare, tributaire de l'expressionnisme allemand, l'autre sévère et dépouillé, mais montrant une fois de plus le chemin du futur, œuvre préférée de l'auteur. De même Jeanne d'Arc au bûcher (1935), qui sous sa forme d'oratorio scénique relança la renommée du musicien après la guerre, et La Danse des morts (1940), tous deux inspirés de Claudel ; le premier, une fois encore « savant et populaire », le second au lyrisme entrecoupé de virulence sonore et harmonique. Enfin, dernier exemple de ce dualisme, d'un côté la Deuxième Symphonie (1941) et la Troisième (1945-1946), de l'autre la Quatrième (1946) laissent l'impression de deux compositeurs différents. La Deuxième, pour cordes avec trompette ad libitum pour seize mesures à la fin, a été composée pour Paul Sacher à Bâle, en pleine tragédie de la guerre, et elle en reflète, dans un style expressionniste, tout le caractère implacable ; la Troisième, intitulée Liturgique, également inspirée par la guerre, immense prière de la créature au Dieu tour à tour vengeur et miséricordieux, participe d'un même style et d'une même [...]

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Pour citer l’article

Antoine GOLÉA, « HONEGGER ARTHUR - (1892-1955) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/arthur-honegger/