APENNIN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Données économiques

Fréquenté par l'homme depuis le Paléolithique inférieur (Abbevillien des Abruzzes), l'Apennin apparaît comme une montagne refuge à cause de la multiplicité de ses défenses naturelles : gorges, escarpements, neiges d'hiver, forêts. Des loups y sévissaient hier encore. Les Néolithiques y refluèrent sous la pression des « invasions » nordiques. Puis on dut organiser la résistance à toutes les influences politiques ou culturelles de la plaine : les fameux bandits des Abruzzes ou de Calabre n'étaient souvent que des maquisards. Mais le cloisonnement topographique, la variété ethnique, la pauvreté économique empêchèrent l'unité politique. L'Apennin appartint toujours aux gens de la plaine, qui avaient besoin de son eau, de son bois, de ses pâturages. De nos jours, la moitié sud de la chaîne supporte encore les séquelles de la domination napolitaine.

L'économie traditionnelle est celle d'une montagne méditerranéenne classique : céréaliculture extensive, quelques cultures arrosées dans les conques, arboriculture (châtaigniers, amandiers) et surtout élevage du petit bétail, avec montée vers les hauts pâturages en été et descente dans les plaines en hiver, sans oublier la relative importance de la vie forestière. Chose curieuse, la population n'habita jamais très haut, et Castelluccio di Norcia, village le plus élevé de l'Apennin, n'est qu'à 1 453 m : d'où, sans doute, l'abaissement artificiel de la limite de la forêt. Toutefois, on comprend mal que l'habitat soit si mal adapté aux conditions climatiques et aux impératifs de l'élevage. Bien qu'à l'activité rurale se soient ajoutés l'artisanat (battage du cuivre) et quelques industries (alimentation, extraction, papeterie), le niveau de vie des populations apennines est longtemps resté très précaire.

La médiocrité des ressources et la persistance de structures sociales archaïques firent de l'Apennin un important foyer d'émigration. Émigration dans les limites nationales d'abord : il fut un temps, à Rome, où une cuisinière était inévitablement d'Amatrice, et une nourrice d [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Médias de l’article

Structure de l'Appenin

Structure de l'Appenin
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Vieste, Italie

Vieste, Italie
Crédits : R. Carnovalini/ De Agostini/ Getty Images

photographie

Profil tectonique de l'Apennin septentrional

Profil tectonique de l'Apennin septentrional
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  APENNIN  » est également traité dans :

ABRUZZES

  • Écrit par 
  • Robert BERGERON
  •  • 810 mots
  •  • 1 média

Située dans le centre-est de l'Italie, couvrant une superficie de 10 794 kilomètres carrés, la région des Abruzzes renferme les montagnes les plus élevées et les moins facilement pénétrables de la péninsule ; l'Apennin y atteint sa puissance maximale. Les chaînons massifs de calcaires, faillés et soulevés, du Pliocène, encadrent de hauts plateaux et des bassins d'effondrement, synclinaux comme la […] Lire la suite

BASILICATE

  • Écrit par 
  • Robert BERGERON
  •  • 611 mots
  •  • 1 média

Petite région du sud de l'Italie (9 992 km 2 ), la Basilicate, ou Lucanie, comprend, à l'ouest, une partie de l'Apennin, formée de calcaire dans le Sud (Sirino 2 005 m, Pollino 2 271 m), de flysch et de schistes dans le Nord, avec des reliefs moins élevés, parfois aérés de bassins. Ces montagnes, au climat rude, ont été largement déboisées et occupées par une céréaliculture pauvre et des pâturages […] Lire la suite

CALABRE

  • Écrit par 
  • Robert BERGERON
  •  • 879 mots
  •  • 2 médias

Péninsule montagneuse du sud de l'Italie, la région de Calabre (15 080 km 2 ) se distingue du reste de l'Appenin par la nature des roches. Au nord, à la limite de la Basilicate, le Pollino (2 248 m) est le dernier massif calcaire. En allant vers le sud, puis au-delà du fossé du Crati, l'ossature de la Calabre se compose de horsts métamorphiques sujets aux séismes : chaîne côtière, massif de La Si […] Lire la suite

ÉMILIE-ROMAGNE

  • Écrit par 
  • Michel ROUX
  •  • 492 mots
  •  • 1 média

La population de l'Émilie-Romagne, région d'Italie du Nord située entre l'Apennin ligure et toscan et la rive gauche du Pô, était estimée à 4 187 500 habitants en 2006 pour une superficie de 22 123 kilomètres carrés. Sa capitale est Bologne. Avant l'Unité italienne, la Romagne appartenait aux États pontificaux, tandis que l'Émilie était divisée en deux duchés, Parme et Modène. La partie méridional […] Lire la suite

ITALIE - Géographie

  • Écrit par 
  • Dominique RIVIÈRE
  •  • 9 054 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Paysages et territoire : le « bel paese » de l'intérieur au littoral »  : […] Enclose au nord par l'arc alpin, la péninsule italienne (301 300 km 2 , 7 300 km de côtes) s'étire avec l'Apennin comme épine dorsale – prolongée par la Sicile et la Sardaigne – sur quelque 1 200 kilomètres, entre les 47,06 0 et 35,3 0 de latitude nord, jusqu'au cœur de la Méditerranée : l'île de Lampedusa, devenue tristement célèbre dans un contexte de « crise des migrants » euro-méditerranéen […] Lire la suite

MARCHES, Italie

  • Écrit par 
  • Michel ROUX
  •  • 439 mots
  •  • 1 média

Région d'Italie centrale, les Marches (9 692 km 2 , 1 528 800 hab.en 2006) correspondent à l'antique Picenum ; la capitale est Ancône ( 102 000 hab. ). Elles s'étendent sur un secteur du versant adriatique de l'Apennin central : une dorsale calcaire, procédant du redressement des matériaux continentaux pliocènes domine, à l'est, des montagnes mollassiques violemment ravinées ; on passe ensuite à […] Lire la suite

OMBRIE

  • Écrit par 
  • Michel ROUX
  •  • 482 mots
  •  • 1 média

Située en Italie centrale, l'Ombrie (868 000 hab. en 2006, pour 8 456 km 2 ) est la seule région de la péninsule qui soit sans accès à la mer. Appartenant aux États pontificaux jusqu'à la réalisation de l'unité italienne, l'Ombrie (Umbria) reste en retrait par rapport aux régions voisines pour la densité du peuplement (103 hab./km 2 ) comme pour l'intensité de la vie urbaine et industrielle. Avec […] Lire la suite

PIÉMONT

  • Écrit par 
  • Andreina GRISERI, 
  • Michel ROUX
  • , Universalis
  •  • 4 918 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Géographie et économie  »  : […] Le Piémont (25 400 km 2 ) correspond d'abord, comme son nom l'indique, à la plaine située « au pied des monts », les Alpes et l'Apennin ligure, et fermée par les collines de Montferrat. La montagne occupe, dans le Piémont, les deux cinquièmes du territoire. En l'absence de bordure sédimentaire, les massifs centraux entrent directement en contact avec la plaine, qui est à moins de cinquante kilomèt […] Lire la suite

SAINT-MARIN

  • Écrit par 
  • Lise BORDARIER, 
  • Universalis
  •  • 1 285 mots
  •  • 3 médias

État indépendant enclavé dans le territoire italien, remarquable par ses dimensions réduites (61 km 2 ), la république de Saint-Marin (San Marino en italien) se singularise par l'ancienneté et par la continuité de ses institutions depuis le Moyen Âge. Situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Rimini, entouré par l'Émilie-Romagne et par les Marches, le territoire fait partie de l'Apennin c […] Lire la suite

TECTONIQUE

  • Écrit par 
  • Jean AUBOUIN, 
  • Serge BOGDANOFF
  •  • 6 680 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Raccourcissement global »  : […] À l'échelle d'une ceinture orogénique, le raccourcissement global est évidemment lié au rapprochement des avant-pays : les chaînes méditerranéennes sont dues, dans leur ensemble, au rapprochement des continents européen et africain. Ce qui signifie que le moteur réel est le « sous-charriage » des avant-pays. Cette notion du sous-charriage actif de l'avant vers l'arrière se comprend également à l' […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean AUBOUIN, Jean DEMANGEOT, « APENNIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/apennin/