AMIBIASE

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La maladie

L'amibiase revêt un aspect plus redoutable sous les tropiques qu'en région tempérée et, si les manifestations intestinales sont les plus fréquentes, ce ne sont pas les seules.

Manifestations intestinales

L'amibiase intestinale s'extériorise sous deux modes différents :

– La dysenterie amibienne d'abord, expression la plus connue de la maladie, à tel point qu'on confond souvent amibiase et dysenterie amibienne. Or ce n'est pas, loin de là, l'accident pathologique le plus fréquent en climat tempéré.

Son début est brutal, avec de violentes douleurs abdominales, constrictives et intermittentes ; les selles vont se multiplier, dix par jour en moyenne, faites de glaires et de sang. Mais, d'habitude, l'état général s'altère peu, et la température s'élève modérément. Sous traitement spécifique, la guérison sera obtenue le plus souvent en quelques jours.

Les formes graves, typhoïdiques ou cholériformes, et les formes compliquées d'hémorragies ou de perforations intestinales se voient surtout sous les tropiques.

Point capital, dans tous les cas, après sédation de cet épisode aigu qui pourra du reste récidiver, la maladie aura une tendance naturelle à la chronicité.

– La colite amibienne chronique ensuite, aspect habituel et très polymorphe de la maladie en climat tempéré.

Le transit intestinal est toujours perturbé, fait de diarrhée chronique, mais aussi de constipation ou d'alternance des deux, et accompagné de douleurs coliques.

De multiples troubles peuvent accompagner la colite proprement dite : dyspepsie gastrique ou hépato-biliaire, atteinte de l'état général et manifestations neuro-végétatives telles que vertiges, maux de tête, palpitations, douleurs diverses et syncopes. La maladie pourra s'étendre sur des années. Bien plus, les troubles pourront continuer après disparition des amibes, si elles ont laissé des séquelles locales durables.

Localisations extra-intestinales

L'amibiase ne lèse pas que l'intestin ; le foie et plus rarement le poumon peuvent être touchés.

C'est ainsi que l'hépatite amibienne représente la complication majeure de l'amibiase intestinale : l'amibe hématophage peut franchir la paroi colique, passer dans le sang veineux et envahir le foie pour y déterminer :

– une hépatite amibienne non suppurée, avec gros foie douloureux et fébrile, curable le plus souvent par traitement médical spécifique ;

– secondairement, l'abcès amibien du foie, poche de pus ayant tendance à envahir les organes voisins. À ce stade, le chirurgien seul pourra sauver le malade en évacuant l'abcès.

Quant à l'amibiase pleuro-pulmonaire, elle n'est, la plupart du temps, que la conséquence d'une migration de l'abcès hépatique dans la plèvre ou le poumon droit.

Les autres localisations amibiennes sont exceptionnelles et discutables. Aussi le diagnostic de la maladie repose-t-il essentiellement sur la mise en évidence du parasite dans les selles. C'est l'affaire de laboratoires compétents qui doivent distinguer l'amibe dysentérique, sous ses différents aspects, des autres amibes non pathogènes, la banale amibe du côlon surtout. Enfin un séjour en terre d'endémie amibienne ou un contact avec des amibiens est toujours utile pour orienter le diagnostic.

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Écrit par :

  • : professeur agrégé du Val-de-Grâce, médecin général inspecteur, directeur général du service de santé de la première région militaire
  • : professeur à la faculté de médecine de Paris-Saint-Antoine, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Robert DURIEZ, Yves GOLVAN, « AMIBIASE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/amibiase/