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AMIBIASE

Le traitement

Tout amibien doit être déparasité, dans son intérêt et dans celui de son entourage. Deux grands groupes de médications sont utilisés :

– Les amœbicides diffusibles, à fixation tissulaire, sont utilisés dans les formes aiguës intestinales et extra-intestinales. Le premier connu fut l' émétine, alcaloïde naturel de l'ipéca (Cephaelis ipecacuanha, plante sud-américaine de la famille des Rubiacées), remplacé ensuite par la 2-déhydro-émétine, molécule de synthèse, plus maniable car moins toxique. On a utilisé ensuite les médicaments de la série des nitro-imidazoles (métronidazole, secnidazole) administrables par voie buccale, qui sont extrêmement efficaces tant sur les formes intestinales qu'extra-intestinales et dont certains sont même actifs sur les infections bactériennes associées. On peut dire que cette médication a révolutionné le traitement de l'amibiase, permettant la guérison rapide de la parasitose même dans ses formes graves.

– Les amœbicides de contact appartiennent à diverses familles de molécules de synthèse. Ils permettent le traitement des formes chroniques de l'amibiase intestinale et aussi des porteurs sains. Des dérivés de l'arsenic, des oxyquinoléines, des oxines ont été utilisés mais on tend à leur préférer les nitro-imidazoles, en particulier le secnidazole, très actif sur les formes minuta et les kystes.

Malgré tout, le traitement reste long et doit être confié à des spécialistes avertis. À côté des amœbicides, il fera appel à des produits actifs sur la flore intestinale, à des pansements intestinaux, sédatifs et antispasmodiques, sans oublier la diététique et le thermalisme.

La prophylaxie enfin est difficile et même illusoire en zone d'endémie. Cependant, le déparasitage des amibiens, avec examen systématique de leur entourage, reste la meilleure arme prophylactique en climat tempéré où l'amibe ne trouve pas les facteurs climatiques et telluriques favorables. En zone d'endémicité amibienne, toute diarrhée doit être immédiatement traitée. On évite ainsi, sinon l'amibiase-infestation, tout au moins l'amibiase-maladie.

— Robert DURIEZ

— Yves GOLVAN

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Écrit par

  • : professeur agrégé du Val-de-Grâce, médecin général inspecteur, directeur général du service de santé de la première région militaire
  • : professeur à la faculté de médecine de Paris-Saint-Antoine, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

Classification

Pour citer cet article

Robert DURIEZ et Yves GOLVAN. AMIBIASE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • FOIE

    • Écrit par Jacques CAROLI, Universalis, Yves HECHT
    • 9 970 mots
    • 6 médias
    – Dans la dysenterie amibienne, le germe pathogène (Entamoebahistolytica) peut essaimer vers le foie par la veine porte, déterminant alors des abcès amibiens multiples au sein du tissu hépatique ; la destruction locale de celui-ci se traduit par la formation, dans les cavités abcédées, de pus «...
  • RHIZOPODES

    • Écrit par Robert GAUMONT
    • 2 400 mots
    • 4 médias
    ...qu'on y dénombre huit noyaux à maturité. Entamoeba histolytica (E. dysenteriae), au contraire, provoque chez l'homme la dysenterie amibienne (ou amibiase). À vrai dire, l'amibe se présente sous deux formes. La forme pathogène, ou forme histolytica s. s., mesure de 20 à 40 μm et renferme...

Voir aussi