BRUNEAU ALFRED (1857-1934)

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Le compositeur et critique français Alfred Bruneau a joué un rôle important avec son introduction du réalisme et du naturalisme littéraire dans l'opéra français. Ses œuvres ont été très souvent représentées de son vivant, avant de connaître une éclipse. Certaines d'entre elles, comme L'Attaque du moulin, sont revenues en faveur à la fin du xxe siècle et au début du xxie.

Né le 3 mars 1857, à Paris, Louis Charles Bonaventure Alfred Bruneau entre en 1873 au Conservatoire de Paris, où il est élève d'Auguste Franchomme pour le violoncelle (premier prix en 1876), de Marie Gabriel Augustin Savard pour l'harmonie (1876-1879) et de Jules Massenet pour la composition (1879-1881). Il obtient en 1881 le second grand prix de Rome pour sa cantate Geneviève de Paris, et son Ouverture héroïque est créée en 1884 aux Concerts Pasdeloup. Il travaille comme correcteur chez l'éditeur de musique Georges Hartmann. Parmi ses œuvres de jeunesse figurent des mélodies et un opéra, Kérim (livret de Paul Milliet et Henry Lavedan, créé au Théâtre-Lyrique, à Paris, le 9 juin 1887). En 1888, Alfred Bruneau rencontre Émile Zola, avec lequel il se lie d'amitié et dont les romans fourniront la matière des livrets de huit ouvrages lyriques. Le premier, Le Rêve (livret de Louis Gallet, d'après Zola, Opéra-Comique, Paris, 18 juin 1891), est jugé trop wagnérien mais est malgré tout bien accueilli ; L'Attaque du moulin (livret de L. Gallet, d'après le conte des Soirées de Médan, Opéra-Comique, 23 novembre 1893), Messidor (livret de Zola, Opéra de Paris, 19 février 1897) et L'Ouragan (livret de Zola, Opéra-Comique, 29 avril 1901) révèlent le talent et l'originalité de Bruneau. Dans L'Attaque du moulin et dans la musique de scène qu'il compose pour La Faute de l'abbé Mouret de Zola (théâtre de l'Odéon, Paris, 1er mars 1907), Bruneau parvient à atteindre son objectif, consistant à écrire une musique « à la fois réaliste et symbolique ». « La réforme qu'il a introduite dans l'opéra va dans le sens du „prosaïsme“ ; renonçant au vers, il le remplace par un livret en prose, et substitue au „personnage à casque et à pourpoint de l'ancien opéra l'homme réel, observé dans la vie contemporaine“ » (René Dumesnil). Avec ses héros choisis parmi les humbles, il ouvre la voie à Gustave Charpentier.

Composé en 1903, Lazare (livret de Bruneau d'après Zola) ne sera créé que le 20 mai 1954, à Radio France. L'Enfant-roi (livret de Zola, Opéra-Comique, 3 mars 1905) et Naïs Micoulin (livret de Bruneau d'après Zola, Monte-Carlo, 2 février 1907) sont tous deux des échecs, pour des raisons davantage politiques que musicales, Alfred Bruneau ayant apporté son soutien à Zola durant l'affaire Dreyfus. Après la mort du romancier, en 1902, Bruneau signe des ballets, comme L'Amoureuse Leçon (1913), ainsi que des opéras, parmi lesquels Les Quatre Journées (livret de Bruneau d'après Zola, Opéra-Comique, 25 décembre 1916), Le Roi Candaule (livret de Maurice Donnay, Opéra-Comique, 1er décembre 1920), Angelo, tyran de Padoue (livret de Charles Méré, d'après Hugo, Opéra-Comique, 16 janvier 1928) et Virginie (livret de Henri Duvernois, Opéra de Paris, 7 janvier 1931). Critique musical, il écrit pour les quotidiens Gil Blas, Le Figaro et Le Matin. Il a publié des recueils de critiques, des comptes-rendus de voyage, des ouvrages sur la musique française de son temps : Musiques d'hier et de demain (Fasquelle, Paris, 1900), La Musique française (Fasquelle, 1901), Musiques de Russie et musiciens de France (Fasquelle, 1903), La Vie et les œuvres de Gabriel Fauré (Fasquelle, 1925), Massenet (Delagrave, Paris, 1935). Sa musique se distingue par sa justesse dramatique, ses imitations fort réussies de la nature, ainsi que par l'usage fréquent de dissonances inhabituelles qui servent l'intrigue. Alfred Bruneau meurt à Paris, le 15 juin 1934. Il a publié un livre de souvenirs dont le titre fait allusion à son amitié pour Zola, À l'ombre d'un grand cœur. Souvenirs d'une collaboration (Fasquelle, 1931, rééd. fac-similé Slatkine, Paris, Genève, 1980).

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« BRUNEAU ALFRED - (1857-1934) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-bruneau/