ALAṂKĀRA-ŚĀSTRA

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L'analyse des figures de style

La troisième section importante de l'alaṃkāra-śāstra est l'analyse des figures, appelées alaṃkāra (littéralement « ornements »). L'analyse est d'abord fondée sur la théorie des trois pouvoirs d'expression du mot. La comparaison est mère d'un grand nombre de figures. Sous sa première forme, appelée upamā, elle procède par l'expression directe : le terme d'upamā est réservé au seul cas où un mot exprime explicitement l'idée de similarité. La métaphore se différencie de l'upamā en ce qu'elle repose sur la lakṣaṇā définie plus haut.

En analysant la notion de surimposition tirée de la lakṣaṇā, les théoriciens ont défini quelques-uns des ornements les plus importants. Ils distinguent d'abord la surimposition qui est réalisée par une simple apposition (āropa) : l'œil-lotus, le visage-lune, etc., ornement dénommé rūpaka. Une autre forme de la surimposition est celle qui omet de mentionner le terme figuré (adhyavasāya : « assimilation ») : on dit « la lune » en parlant du visage, sans mentionner celui-ci. Ici une nouvelle distinction apparaît : le poète peut laisser voir dans son texte qu'il effectue une surimposition, en disant, par exemple : « C'est, je suppose, la lune », ce qui est l'ornement utprekṣā (« supposition montrée comme telle ») ; il peut aussi le cacher, ou du moins s'abstenir de le montrer, en disant : « Voici la lune », c'est alors l'ornement atiśayokti (« exagération »).

Quelques ornements ne peuvent s'expliquer ni par l'expression directe, ni par la lakṣaṇā. On recourt alors à la suggestion : par exemple le parikara consiste à charger d'une même intention à suggérer une série de qualificatifs d'un objet. Au début de l'histoire de l'alaṃkāra-śāstra, on compte trente-neuf ornements chez Bhamaha ; à la fin on en compte cent vingt-deux, sans compter les sous-variétés, dans l'Alaṃkāramaṇihāra. Toutes les ressources de la scolastique, grammaire, logique et mīmāṃsā auront été utilisées. L'analyse des structures logiques de figures voisines aura suscité de longues recherches d'un critère de distinction. Enfin, point important, il fallait aussi montrer comment un simple schéma logique était un ornement, source d'un charme poétique.

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  • Écrit par 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT
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Dans le chapitre « Les littératures d'enseignement »  : […] Tout ce que l'esprit humain a pu concevoir a eu son expression en sanskrit. Il n'est pas possible d'énumérer exhaustivement les diverses disciplines, les divers domaines, les divers genres littéraires sanskrits. On peut distinguer ce qui est technique et didactique et ce qui est belles-lettres pures. Le premier groupe est appelé génériquement śāstra (« enseignement »). Les trois principaux śāstr […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre-Sylvain FILLIOZAT, « ALAṂKĀRA-ŚĀSTRA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alamkara-sastra/