SANSKRITES LANGUE & LITTÉRATURE

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Le sanskrit est une des grandes langues de civilisation de l'Asie. Son origine est indo-européenne. Le premier monument littéraire en cette langue qui nous soit parvenu est le Ṛgveda, anthologie d'hymnes religieux composés dans le nord-ouest de l'Inde au milieu du IIe millénaire avant J.-C. Ensuite, la langue a évolué, en même temps que son aire d'utilisation s'est étendue vers le sud-est et a progressivement couvert le bassin indo-gangétique. Utilisée, analysée et conservée par une classe de lettrés professionnels appelés pandits, elle a eu ses structures définitivement fixées aux environs de l'ère chrétienne. Elle a été dès lors appelée « sanskrit » qui signifie « construit [selon les règles de la grammaire] ». Elle a été utilisée sans interruption jusqu'à nos jours comme le principal véhicule de toutes les activités intellectuelles : grammaire, logique, exégèse, sciences, techniques, droit, rituel, philosophie, etc., et belles-lettres. Elle a été la langue de relations entre les différentes régions de l'Inde et même de relations internationales en Asie, vers la Chine par l'Asie centrale et dans tout le Sud-Est asiatique. La longévité du sanskrit, l'immensité de son aire d'utilisation, le monopole dont il a joui dans l'expression de tous les genres du savoir humain, la diversité des contacts et des influences qu'il a pu avoir et recevoir font de lui une langue au vocabulaire exceptionnellement riche et de sa littérature la plus abondante et diversifiée du monde.

La langue

Historique

La préhistoire du sanskrit le fait apparaître comme le descendant d'une protolangue dite indo-européenne que la grammaire comparée reconstruit à partir de nombreuses concordances de structure linguistique entre plusieurs familles de langues attestées de l'Europe à l'Inde. Cette parenté sert aussi de base à l'hypothèse d'un habitat commun des locuteurs de la langue originale, puis d'une dislocation et de migrations dans les territoires où les langues filles sont historiquement attestées. Cette hypothèse donne au rameau indien une origine extérieure à l'Inde, l'origine le plus souvent postulée étant l'est de l'Europe ou la Russie méridionale. Sur le chemin de l'Inde il y aurait eu une étape indo-iranienne supposée à partir de la ressemblance profonde que l'on observe entre avestique et védique. Le nom ārya (sanskrit), airya, ariya (iranien) que se donnent en commun ces deux groupes a fait adopter le terme aryen pour désigner leur communauté. On a choisi le terme indo-aryen pour désigner le rameau linguistique implanté dans l'Inde.

Avec l'indo-aryen on entre dans l'histoire, parce qu'on possède des attestations de cette langue. La première a l'intérêt d'être datée. Il s'agit de documents du xive siècle avant J.-C. trouvés en Asie antérieure, à savoir un traité d'hippologie en hittite où l'on reconnaît des noms de nombre indo-aryens composés avec le mot vartanna, indo-aryen aussi, désignant des nombres de tours de piste à faire faire aux chevaux lors du dressage ; d'autre part, dans un traité entre un roi hittite et un roi mitannien, une liste de dieux invoqués comme garants et qui appartiennent au panthéon védique ancien. Ces documents ne nous donnent pas d'explication sur la présence de mots indo-aryens en Asie antérieure. Ils sont insuffisants pour que l'on puisse en tirer avec quelque vraisemblance des conclusions relatives à l'hypothèse de l'installation des Aryens dans l'Inde. Mais ils apportent à l'histoire un point certain, à savoir que la langue indo-aryenne existait au xive siècle avant J.-C. L'autre attestation antique de cette langue est le Ṛgveda. Dans ce cas, il s'agit d'un monument littéraire d'une très grande importance. C'est une anthologie d'hymnes religieux qui peuvent être d'origines et d'époques diverses. On ignore les dates de composition, on ignore même la date de la fixation de l'anthologie. On peut faire tout au plus une chronologie relative d'après des traits de langue. En fonction du repère fourni par les documents d'Asie antérieure, on situe le noyau le plus ancien du Ṛgveda (livres II à VII) au milieu du IIe millénaire avant J.-C.

L'univers géographique des auteurs des hymnes les plus anciens est limité au nord-ouest de l'Inde et défini par la vallée de l'Indus et de ses affluents dont les plus importants sont sur la rive gauche. Il n'y a aucune conscience d'une origine étrangère, ni aucune connaissance du monde extérieur qui transparais [...]

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Pierre-Sylvain FILLIOZAT, « SANSKRITES LANGUE & LITTÉRATURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/langue-et-litterature-sanskrites/