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BERNARD ALAIN (1983- )

Vainqueur du 100 mètres nage libre olympique le 14 août 2008 à Pékin, Alain Bernard s'est sans doute hissé tout près du sommet de la hiérarchie historique du sport français. Certes, aux jeux Olympiques, toute victoire vaut une médaille d'or. Néanmoins, certains succès ne confèrent qu'une notoriété locale au lauréat, quand d'autres maintiennent le héros dans un anonymat dont il ne sera sorti que durant quelques instants. Mais les vainqueurs des épreuves phares, telles que le 100 mètres en athlétisme ou en natation, deviennent célèbres à l'échelle planétaire, et leur nom reste gravé pour toujours dans le marbre du panthéon sportif, quelle que soit la tournure future de leur carrière. Il suffit d'évoquer le souvenir de quelques prédécesseurs du Français au palmarès – de Duke Kahanamoku à Pieter Van den Hoogenband en passant par Johnny Weissmuller, Mark Spitz, Matt Biondi ou Alexander Popov – pour se persuader que l'étoile du nageur d'Antibes ne pâlira pas de sitôt. Pourtant rien ne fut simple. Il lui a fallu faire preuve d'une grande force mentale, laquelle s'est forgée au fil d'années de travail, mais aussi de désillusions et de doutes, pour conquérir son Everest.

Alain Bernard est né le 1er mai 1983 à Aubagne (Bouches-du-Rhône). Il s'initie à la natation dans la piscine du Charrel, près de la maison familiale, sous l'œil d'Émile Bonifay. C'est alors le temps de l'apprentissage. Le jeune garçon voudrait travailler uniquement la vitesse, mais Émile Bonifay l'oblige à enchaîner d'interminables longueurs de bassin, ce qui va lui permettre de se muscler et de muscler son cœur. À dix-sept ans, il rejoint Denis Auguin au Cercle des nageurs de Marseille, où l'entraîneur et le champion en devenir vont nouer une relation quasi fusionnelle, marquée dans un premier temps par quelques tensions. En 2004, Alain Bernard connaît sa première désillusion d'importance : diminué par une mononucléose et une toxoplasmose, il ne parvient pas à obtenir sa qualification pour les Jeux d'Athènes. Nouveau contretemps en 2006 : Denis Auguin se voit licencié par son club à Marseille ; il rejoint le Cercle des nageurs d'Antibes, où son élève le suit. Alain Bernard progresse, mais connaît une nouvelle déception à l'occasion des Championnats du monde de Melbourne en mars 2007 : il relâche son effort à quelques centimètres de l'arrivée en demi-finale, réalise seulement le neuvième temps et se voit donc privé de la finale. Il obtient néanmoins la médaille de bronze avec le relais 4 fois 100 mètres. Mais il progresse, et lors des Championnats de France, en juin 2007, il nage le 100 mètres en 48,12 s, ce qui constitue alors la deuxième performance de tous les temps, derrière le record du monde établi en 2000 aux Jeux de Sydney par le Néerlandais Pieter Van den Hoogenband (47,84 s). Des perspectives olympiques s'ouvrent pour le nageur d'Antibes.

Les ambitions d'Alain Bernard s'affirment à l'occasion des Championnats d'Europe, en mars 2008, à Eindhoven : il bat par deux fois le record du monde du 100 mètres (47,60 s en demi-finale, 47,50 s en finale), ainsi que le record du monde du 50 mètres (21,50 s). Mais cette progression fait jaser. D'abord, Alain Bernard nage avec la nouvelle combinaison conçue par Speedo, laquelle assure une meilleure « glisse » dans l'eau. Cet avantage se confirmera : de multiples records du monde seront battus dans les mois qui suivent comme aux Jeux de Pékin, et le sprint mondial va « exploser », plusieurs champions réussissant à nager le 100 mètres en moins de 48 secondes. Ensuite, la musculature de ce géant (1,96 m, 90 kg, une envergure de 2,05 m) s'est considérablement développée – résultat d'un travail acharné –, ce qui lui vaut quelques allusions perfides venues de son rival italien Filippo Magnini, qui parle[...]

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Écrit par

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

Voir aussi