WEISSMULLER JOHNNY (1904-1984)

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Homme-poisson puis homme-singe, Johnny Weissmuller mena avec bonheur une double carrière. Cet Apollon des bassins fut d'abord la première star de la natation, sport qui gagna, grâce à ses exploits des jeux Olympiques de 1924 et de 1928, son statut de deuxième discipline olympique, après l'athlétisme. Puis il incarna à dix-neuf reprises, de 1933 à 1947, le rôle de Tarzan au cinéma. Sa plastique impeccable, sa gentillesse et sa complicité avec les animaux, tout cela fit que ce rôle lui alla comme un gant.

Johnny Weissmuller

Photographie : Johnny Weissmuller

Premier homme à nager le 100 mètres en moins de 1 minute (58,6 secondes, le 9 juillet 1922), champion olympique du 100 mètres et du 400 mètres à Paris en 1924, de nouveau du 100 mètres à Amsterdam en 1928, l'Américain Johnny Weissmuller doit peut-être sa renommée autant à son... 

Crédits : Silver Screen Collection/ Getty Images

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Les performances aquatiques de Johnny Weissmuller – cinq médailles d'or olympiques, soixante-sept records du monde, une invincibilité de neuf années sur des distances allant du 50 yards (45,72 m) au demi-mile (804,67 m) – marquent encore les esprits avec près d'un siècle de recul, même si l'on s'est plus extasié encore des exploits ultérieurs de ses compatriotes Mark Spitz ou Michael Phelps.

Le champion de natation

Johnny Weissmuller naît le 2 juin 1904 à Timişoara, en Roumanie, de parents autrichiens – afin de participer aux jeux Olympiques, il lui faudra falsifier ses documents d'identité, qui mentionnent Windberg (Pennsylvanie) comme lieu de naissance, « prouvant » sa nationalité américaine. Ses parents émigrent aux États-Unis quand il n'est âgé que de sept mois. Il connaît l'enfance grise d'un fils de mineur, devenu tenancier de saloon, silicosé et alcoolique, qui meurt alors que le jeune garçon est âgé de dix ans. Il doit alors travailler pour aider sa mère – il sera notamment groom dans un luxueux hôtel de Chicago. À huit ans, il avait découvert la natation, sur les conseils du médecin de la famille, qui le trouvait chétif. Il effectue ses premières brasses dans le lac Michigan, où sa mère l'emmène régulièrement. À seize ans, il rencontre « Big » Bill Bachrach, entraîneur de l'Illinois Athletic Club, avec qui il va travailler. Celui-ci a décelé ses immenses moyens, mais il trouve son style exécrable. « Tout d'abord, tu dois oublier tout ce que tu as appris. Jure que tu travailleras avec moi sans poser de questions et sans chercher d'excuses. Tu seras un esclave et tu me haïras. Mais, à la fin, tu battras tous les records que tu voudras. » C'est par ces phrases que cet homme à l'allure de maquignon mais qui maîtrise parfaitement l'art de la natation aborde sa collaboration avec l'adolescent. Il lui fait aligner les longueurs de bassin avec l'interdiction d'utiliser les jambes, pour qu'il maîtrise à la perfection la technique de l'« over », le crawl d'aujourd'hui.

Le travail porte ses fruits. Le 9 juillet 1922, à Alameda, il devient le premier homme à nager le 100 mètres en moins d'1 minute : 58,9 s, une performance qui marque les esprits et lui ouvre des perspectives olympiques. Le 6 mars 1923, à New Haven, il devient également le premier homme à nager le 440 yards (équivalent du 400 mètres) en moins de 5 minutes (4 min 57 s, améliorant sa meilleure performance de 11 secondes). Le 17 février 1924, il bat son record du 100 mètres, en 57,4 s, une performance qui ne sera améliorée que dix ans plus tard. Johnny Weissmuller, superbe sportif (1,90 m, 86 kg) de dix-neuf ans, est la vedette des jeux Olympiques de Paris, en 1924, avec l'athlète finlandais Paavo Nurmi. Les Parisiennes viennent à la piscine des Tourelles admirer tout autant ses performances que sa plastique. L'Américain remporte d'abord le 400 mètres (5 min 4,2 s), devant le favori suédois Arne Borg (5 min 5,6 s). Puis, dans la même journée, il s'adjuge deux médailles d'or : il gagne le matin le relais 4 fois 200 mètres (avec Wallace O'Connor, Harry Glancy et Ralph Beyer, 9 min 53,4 s, record du monde), puis il remporte l'après-midi le 100 mètres (59,0 s), loin devant le double champion olympique de la distance, Duke Paoa Kahanamoku (1 min 1,4 s), un Hawaiien qui représente les États-Unis. Weissmuller obtiendra également la médaille de bronze dans l'épreuve de water-polo.

Johnny Weissmuller, 1924

Photographie : Johnny Weissmuller, 1924

Johnny Weissmuller, vedette des jeux Olympiques de Paris en 1924. L'Américain fut la première «star» de la natation. 

Crédits : Allsport/ Hulton Archive/ Getty Images

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Johnny Weissmuller enchaîne les victoires et les records. Le 5 avril 1927, à Ann Arbor, il nage le 100 yards – l'épreuve reine pour les Américains – en 51 secondes : ce record tiendra jusqu'en 1943 ! Aux jeux Olympiques d'Amsterdam, en 1928, il s'adjuge de nouveau le 100 mètres (58,6 s), devant le Hongrois Istvan Barany (59,9 s) et le Japonais Katsuo Takaishi (1 min), ainsi que le relais 4 fois 200 mètres (avec Austin Clapp, Walter Laufer et George Kojak, 9 min 36,2 s, record du monde). Invaincu depuis neuf ans, Johnny Weissmuller passe professionnel en 1929. Ce jeune dieu nautique n'a que vingt-quatre ans, mais sa popularité est au zénith. Il monnaye sa notoriété olympique dans des tournées d'exhibition. Puis il va se consacrer au cinéma.

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Johnny Weissmuller

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Johnny Weissmuller, 1924

Johnny Weissmuller, 1924
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André-Charles COHEN, « WEISSMULLER JOHNNY - (1904-1984) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/johnny-weissmuller/