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AFRIQUE NOIRE (Culture et société) Religions

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L'islam noir

Bien que l'islam soit une religion importée, il est nécessaire d'aborder ici son introduction, sa diffusion et ses modifications, dans la mesure où il a marqué de nombreuses civilisations qui en furent transformées, en même temps qu'elles l'adaptaient à leur propre nécessité. En outre, d'importants moments de l'histoire politique d'Afrique noire sont étroitement liés à l'islam, qui a servi d'idéologie de combat à de nombreux conquérants et réformateurs noirs. Actuellement, on estime à plus de trente millions le nombre des musulmans négro-africains, dont la majorité se trouve en Afrique soudanienne, cette portion du continent qui, de l'Atlantique au Nil, est limitée au nord par le désert et au sud par la forêt ; on rencontre aussi des groupements de moindre importance le long de la côte orientale et dans les grandes villes de l'Ouest.

Conquêtes marocaines dans l'Ouest africain (XIe-XVIe s.)

La pénétration s'est faite lentement dès la fin du viiie siècle, mais c'est surtout à partir du xie siècle que l'islam a commencé à jouer un rôle dans l'histoire des sociétés et des formations politiques africaines.

À l'ouest, les Almoravides, disciples berbères d'Ibn Yacin, partent à la conquête du premier grand empire noir connu, le Ghana, qu'ils détruisent, convertissant ses populations Sarakolé, Toucouleur et Soninké. Sur les ruines de cet empire se constitue l' empire du Mali qui couvre une partie de la vallée du haut Niger et dont un souverain, Kankan Musa, fait au xive siècle un pèlerinage fastueux à La Mecque. Attaqué de toutes parts et notamment par les Mossi et les Bambara que l'islam n'avait pas atteints, le Mali s'effondre peu à peu, laissant la place à l'empire des Songhaï qu'il avait soumis au xiiie siècle. Le véritable fondateur de l'empire songhaï est Sonni Ali (1464-1492), défenseur des formes africaines de religion et considéré comme un grand roi-magicien. Un de ses successeurs, l' Askia Mohammed, fait un grand pèlerinage à La Mecque dont il revient chargé par le calife d'Égypte de le représenter dans toute l'Afrique occidentale : de cette époque, le début du xvie siècle, date la renommée de la ville de Tombouctou. Cependant l'empire songhaï, après avoir étendu son influence jusqu'au nord du Dahomey, se heurte aux Mossi, tandis que les Bambara réduisaient encore les vestiges de l'empire du Mali. Les successeurs de l'Askia Mohammed en lutte les uns contre les autres affaiblissent un peu plus la puissance du Songhaï à l'assaut duquel le sultan de Marrakech, désireux de s'approprier les richesses de « l'empire de l'or », envoie une colonne de trois mille Marocains et Espagnols commandés par le pacha Djouder. Les Marocains, armés de mousquets, encore inconnus dans cette région, écrasent en 1591 l'armée songhaï à la bataille de Tondibi. À la faveur des désordres qui suivent cette conquête, les peuples « infidèles » se dégagent des tutelles des souverains musulmans, réduisant considérablement l'influence de l'islam.

La guerre sainte des Peul et des Toucouleur (XVIIIe-XIXe s.)

Les conquêtes musulmanes recommenceront seulement au xviiie siècle. Dans le Fouta-Toro, les Toucouleur, liés aux confréries Qadriya et Tidjaniya du Maghreb et de Mauritanie, propagent activement la religion et convertissent les Wolof du Sénégal. Leurs voisins, les Peul, fondent à leur tour une confédération religieuse dans le Fouta-Djalon, et leur royaume du Macina échappe à la domination bambara. En pays hausa où l'islam avait pénétré depuis le xie siècle, mais surtout au xive siècle sous l'influence de pieux voyageurs venus du Mali, la pratique religieuse était limitée aux grandes villes, et les souverains eux-mêmes,[...]

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Écrit par

  • : chargé de recherche au C.N.R.S., responsable de l'équipe de recherche numéro 225 (sociétés d'Afrique occidentale) du C.N.R.S.

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Pour citer cet article

Marc PIAULT. AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Religions [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

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Masque bamana - crédits : ni Schneebeli,  Bridgeman Images

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