4. La polyandrie
La polyandrie est rare. Il ne faut pas la confondre avec certains phénomènes qui en sont apparemment proches, par exemple avec certaines coutumes que l'on trouve chez les Crow (Indiens des Prairies), les Massaï (Afrique), du désistement temporaire d'un mari de ses droits maritaux en faveur d'un ami, d'un visiteur étranger de la même classe que lui, ou d'un supérieur dont on veut obtenir des dons ou des pouvoirs spéciaux. Si on élimine ces cas de fausse polyandrie, alors la vraie polyandrie ne se rencontre que chez les Bahima de l'Afrique orientale, certaines tribus d'Esquimaux, les Toda de l'Inde, enfin et surtout au Tibet (sous la forme de la polyandrie fraternelle). On note tout de suite que ces populations sont extrêmement diverses du point de vue du genre de vie (chasseurs, pasteurs et agriculteurs). Ce qui fait non seulement que la polyandrie est rare, mais encore qu'on ne trouve pas une explication générale qui puisse en rendre compte. Il faut examiner les cas connus l'un après l'autre.
• L'infanticide des filles chez les Toda
Et d'abord les Toda, parce qu'on a déjà rencontré cette population à propos du mariage par groupes. En effet, le mariage chez les Toda a varié au cours des temps. Les Toda ont été d'abord polyandres, c'est-à-dire que, lorsqu'un homme se mariait, sa femme devenait automatiquement l'épouse de ses frères et que tous vivaient, en général, dans la même habitation ; les enfants étaient ceux de l'aîné des époux, tout au moins jusqu'au moment où un autre mari célébrait la cérémonie de l'arc et de la flèche sur la femme enceinte ; alors les enfants à naître lui appartenaient jusqu'à ce qu'un troisième mari, par ordre d'âge, célébrât le rituel. Ainsi, la qualité de père était déterminée sociologiquement ; c'était la cérémonie de l'arc et de la flèche qui établissait la paternité légale. Or, à l'époque où les Toda étaient polyandres, ils pratiquaient l'infanticide des filles, et par conséquent, dans ce cas particulier, on peut lier la poly […]
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