5. Les Poissons électriques
Plusieurs espèces de Poissons sont pourvues d'« organes électriques » grâce auxquels ils peuvent envoyer, dans le milieu environnant, des décharges brèves de courants électriques. Ces Poissons appartiennent à des groupes systématiques divers ; il y a parmi eux des Sélaciens, les Raies et les Torpilles, Poissons marins à large répartition, et des Téléostéens surtout d'eau douce appartenant à plusieurs familles à localisation géographique plus étroite : les Gymnotidés sont des Cyprinoïdes sud-américains, le Malaptérure est un Siluroïde africain, les Mormyridés (Ostéoglossiformes) sont aussi africains. Au total, plus de trois cents espèces connues possèdent des organes électriques.
• Anatomie des organes électriques
Les organes électriques, toujours pairs, doivent être considérés comme des muscles profondément modifiés. Leur disposition est très variable, de même que l'origine des muscles dont ils proviennent ; ces organes ne sont donc nullement homologues dans les différents groupes de Poissons électriques (cf. électrophysiologie, fig. 8).
Chez la Torpille (Torpedo), des organes électriques dérivent d'une partie de la musculature branchiale et sont ainsi innervés par les nerfs crâniens glossopharyngien (IX) et vague (X), ainsi que par le facial (VII).
Chez les Raies, au contraire, l'organe électrique représente une partie de la musculature caudale.
C'est aussi dans la queue qu'est localisé l'organe électrique d'Electrophorus, à la place de la musculature ventrolatérale, sous la musculature dorsolatérale non modifiée. Les Mormyridés ont, dans la queue, huit cordons grêles parallèles à l'axe du corps.
L'organe électrique du Malaptérure est une espèce de manteau sous-cutané qui recouvre presque tout le corps et la musculature pariétale. D'après son innervation, on pense que cet organe est dérivé d'une paire de myotomes antérieurs.
Chez Astroscopus, le seul Téléostéen marin électrique, les organes électrogènes localisés dans la tête et innervés par les nerfs crâniens IV et III (moteurs oculaires) sont dérivés des muscles du globe oculaire.
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