7. Perspectives et avenir du papier
La révolution micro-informatique amorcée dans la seconde moitié du xxe siècle pouvait laisser présager la disparition à terme du papier. Déjouant tous les pronostics, l'industrie papetière représente en ce début de troisième millénaire 2,5 p. 100 de l'activité économique mondiale, soit la même proportion que l'aéronautique. La consommation annuelle de papier au niveau mondial vient de dépasser les 350 millions de tonnes et une projection jusqu'en 2020 prévoit une augmentation moyenne de cette consommation de 2 à 3 p. 100 par an. Il existe une corrélation étroite entre la consommation de papier par an et par habitant dans les différents pays du globe et le produit intérieur brut par habitant. Elle est comprise entre 200 et 300 kilos de papier par an et par habitant pour les pays occidentaux les plus riches et peut ne pas dépasser 1 à 10 kilos par an et par habitant pour les pays d'Afrique les plus pauvres.
L'industrie papetière utilise essentiellement des papiers recyclés, du bois d'éclaircie et des déchets de scierie, comme sources de matière première fibreuse. Cette industrie favorise ainsi le développement durable en encourageant le renouvellement constant et l'entretien du patrimoine forestier et en participant de façon active à la gestion de nos déchets. Elle constitue en plus une réelle opportunité économique pour les différents acteurs concernés. De grandes mutations sont cependant prévisibles au sein de cette industrie, qui devra préparer l'immense consommation de papier dans les zones émergentes comme la Chine, l'Inde et le Brésil, qui pourrait bien aboutir à un doublement de la production mondiale de papier entre 2008 et 2038. Dans le même temps, elle devra s'adapter rapidement à la concurrence d'autres industries également utilisatrices à terme de la même matière première.
Après la carbochimie et la pétrochimie, la « lignochimie » est prête à relever le défi en utilisant l'arbre et certains végétaux comme sources de molécules et d'énergie. Le papier a été l'un des premiers biomatériaux de notre civilisation et les procédés qui ont permis sa fabrication ont toujours su évoluer et s'adapter pour assurer sa pérennité. Son avance et sa maîtrise en matière de recyclage sont également des atouts considérables pour cette industrie, qui devra miser sur l'amélioration du tri et des collectes sélectives pour augmenter encore son taux de recyclage et limiter ainsi son approvisionnement en fibres vierges issues du bois et de certains végétaux.
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