Pour les anciens Égyptiens, la mort n'est qu'un passage entre deux formes d'existence et la momification fait partie d'un ensemble de rituels dont le sens ultime n'est autre que la négation de la mort. La « deuxième vie » étant conçue comme la continuation heureuse de la vie en ce monde, une de ses conditions est la conservation du corps dont la destruction entraînait la deuxième mort, définitive celle-là. Mais il ne suffit pas que le corps soit préservé. La personne, pour les Égyptiens, est faite de l'union d'éléments matériels et d'éléments invisibles qui ne peuvent survivre les uns sans les autres. Les rites funéraires sont destinés à permettre aux éléments immatériels de réintégrer et de réanimer le corps.
1. L'invention de la momification
Dans l'Égypte préhistorique, à partir du Ve millénaire, comme chez beaucoup de peuples à la même période, la présence quasi systématique, dans les tombes, d'objets destinés à accompagner le mort suggère l'existence, dès cette époque, d'une certaine conception de la survie. Pourtant, l'idée selon laquelle il est nécessaire de conserver le corps semble propre à l'Égypte. C'est peut-être la réapparition au jour de corps simplement enfouis dans des fosses creusées à même le sable du désert qui l'a fait naître. En effet, le contact direct avec le sable a pu assurer leur conservation par déshydratation naturelle. On remarquera que les autres peuples momificateurs appartiennent pour la plupart, comme l'Égypte, à des régions de désert ou encore à des régions où les conditions climatiques sont de nature à permettre la conservation naturelle du corps (régions andines, Chili, Pérou, Bolivie).
L'idée de la conservation du corps s'étant imposée, encore fallait-il trouver les moyens de la réaliser. La mise au point de la technique sera très longue. Le terme de « momie » doit être réservé aux corps ayant subi un traitement destiné à assurer leur pérennité. Les corps conservés naturellement ne devraient pas, en principe, recevoir cette appellation.
Il semble bien qu'à l'An […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…




