7. La conservation des momies
On peut admettre qu'une momie préparée selon les « règles de l'art », déposée dans une tombe sèche qui demeure fermée, puisse se conserver de façon pratiquement indéfinie. En revanche, si la tombe est ouverte et si des pillards dépouillent la momie de ses enveloppes, le processus de putréfaction peut reprendre, surtout si de l'humidité pénètre dans la tombe. Dans tous les cas, la dénudation du corps permet aux insectes nécrophages d'agir.
La conservation des momies dans les musées pose d'autres problèmes. Quand les momies royales ont été transférées au Caire, elles ont été protégées par des pulvérisations de produits insecticides. Mais ce « traitement », s'il a été efficace contre les insectes, n'a pas prémuni les corps contre les bactéries et les champignons microscopiques. De même, l'augmentation de l'humidité ambiante, apportée par les visiteurs, a pu permettre la reprise d'un certain processus de putréfaction. Ce sont ces constatations qui ont conduit à transporter la momie de Ramsès II à Paris en 1976 afin de la soumettre à un « bilan de santé ». La momie y fut restaurée et « traitée » par irradiation, ce qui a stoppé l'évolution des champignons qui avaient été décelés. Elle est désormais conservée au musée du Caire, dans un caisson à couvercle en plexiglas, et exposée avec celles d'une dizaine d'autres pharaons dans une salle dont la température et l'hygrométrie sont contrôlées. Il est certain que la conservation des momies dans une tombe scellée serait la meilleure manière d'éviter leur dégradation. À défaut, il est souhaitable de les maintenir dans une atmosphère strictement contrôlée.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…




