Le terme de survie appartient, dès son attestation la plus ancienne, au domaine du droit et de la jurisprudence. On appelle gain de survie une disposition prévoyant que les avantages de l'un des conjoints passeront à celui qui lui survivra. Les biens matériels que, de facto, le défunt perd avec la vie se trouvent ainsi conservés en d'autres mains et laissent une trace qui, au-delà de la mort, perpétue sa mémoire. Sous l'aspect sèchement juridique se cachent, on le devine, d'autres intérêts. Les biens acquis selon les privilèges de la propriété privée continuent d'exister à la faveur d'appropriations successives, sans lesquelles elles se perdraient dans le chaos de la nature. Bien que les produits d'un héritage soient périssables à l'égal de ceux qui en bénéficient, le législateur a voulu que s'instaure une pérennité de la mainmise de l'homme sur les biens de la terre. Il veillait, de la sorte, à ce que le caractère éphémère de l'existence terrestre ne vînt pas limiter le mouvement qui préside à la production, à la reproduction et à l'échange des produits acquis par le travail. Il reconnaissait par là accorder plus d'importance au processus de développement des profits matériels […]
