À partir de la XVIIIe dynastie, le lieu de sépulture des pharaons se trouve séparé de leur lieu de culte ; celui-ci prend place désormais dans les « temples de millions d'années », une expression apparue dans les textes égyptiens dès la fin du Moyen Empire pour désigner un type de sanctuaire où le culte du roi est associé à celui de certaines hypostases divines, par exemple à Thèbes celles d'Amon. Mais des raisons de sécurité ont aussi présidé à l'ensevelissement des souverains dans des hypogées creusés au cœur de la montagne thébaine, dont le profil est celui d'une énorme pyramide naturelle. Dans le secteur occidental du massif, un ouadi sauvage, que les Arabes appellent Bibān al-Mulūk, la célèbre Vallée des Rois, regroupe tous les tombeaux des pharaons du Nouvel Empire, à partir de celui de Thoutmosis Ier jusqu'à ceux des derniers souverains de la XXe dynastie ; seul, pendant cette période, l'hérétique Akhenaton choisit de se faire enterrer loin de Thèbes, sur le site d'Amarna, la capitale qu'il avait fondée. Outre les vingt-trois hypogées pharaoniques, la Vallée des Rois abrite trente-cinq sépultures ayant appartenu à de hauts dignitaires, datant pour la plupart de la XVIIIe dynastie. De l'autre côté de la montagne, une autre vallée, connue sous le nom de Vallée des Reines, a servi de nécropole aux épouses royales et aux princes de l'époque ramesside.
Creusés parfois jusqu'à 200 mètres dans le massif calcaire, les hypogées sont d'un plan relativement simple. Par un long couloir en pente douce, parfois coudé, qui s'élargit fréquemment pour former une pièce ou deux, supportées par des piliers laissés en réserve dans le rocher, on atteint une ou plusieurs antichambres à piliers, donnant sur la salle sépulcrale. Le sarcophage y est déposé dans un renfoncement du sol, et dans des pièces annexes on trouve le matériel funéraire. Les parois des salles sont décorées d'inscriptions et de représentations religieuses illustrant des recueils funéraires, comme le Livre de l'Amdouat, le Livre des Port […]
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