4. Les poussières interstellaires
En plus du gaz, le milieu interstellaire contient des poussières ténues de dimensions comprises entre une fraction de nanomètre et une dizaine de nanomètres. Les poussières absorbent et diffusent sélectivement la lumière des étoiles, c'est-à-dire qu'elles agissent plus sur le rayonnement ultraviolet et bleu que sur le rouge et l'infrarouge. Ce sont elles qui rendent totalement opaques les nuages moléculaires. De plus, lorsqu'elles sont orientées par le champ magnétique de la Galaxie, elles polarisent linéairement la lumière des étoiles situées à l'arrière-plan. Ces poussières sont chauffées par le rayonnement stellaire qu'elles absorbent, et réémettent dans l'infrarouge lointain l'énergie ainsi reçue. Leur température est généralement de l'ordre de 10 à 20 kelvins, mais elle peut être notablement plus élevée dans certains nuages moléculaires qui sont chauffés par les étoiles jeunes situées à l'intérieur ou à proximité. On estime que la moitié de l'énergie émise par les étoiles de notre Galaxie est ainsi absorbée et réémise par les poussières interstellaires.
Les poussières sont constituées soit de silicate soit de graphite. Lorsqu'elles se trouvent à l'abri du rayonnement dans les nuages moléculaires, elles peuvent se recouvrir d'un manteau de glace d'eau et d'autres molécules (CO, CO2, CH4, CH3OH, NH3, etc.). Des réactions chimiques peuvent s'y produire, contribuant à engendrer certaines molécules interstellaires, et particulièrement la molécule d'hydrogène, qui ne peut guère être synthétisée que par catalyse sur des poussières.
Certaines poussières de très petite taille sont probablement de grosses molécules aromatiques polycycliques hydrogénées (les PAH). Lorsqu'elles absorbent un photon ultraviolet ou même visible, elle peuvent être temporairement portées à des températures très élevées, jusqu'à 1 000 kelvins, et émettent alors des bandes caractéristiques dans l'infrarouge moyen. Elles contribuent fortement au bilan énergétique du milieu interstellaire.
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